Les principaux freins à consommer des biens ou services sur abonnement

Je suis tombé, aux hasards de mes surfs sur internet, sur une enquête d’Odoxa (Emakina et BFM Business) concernant les ventes en ligne par abonnement.

Proposant un abonnement de coffrets mensuels de vins naturels le sujet m’a bien évidemment intéressé. En écartant le fait que d’après ce sondage, 5% des français aurait un abonnement à une box de vin (ce qui me paraît beaucoup mais passons), je tombe sur une liste des principaux freins à s’abonner.

Bien sûr, les réponses sont choisies par l’institut, et on réagit différemment en répondant avec du recul à une question que devant un service qui nous plait. Mais enfin, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de répondre à chacun de ces freins pour JusdelaVigne.

La partie du sondage qui nous intéresse

Les difficultés à se désabonner

Me concernant, j’ai déjà été inscrit à plusieurs salle de sport. A chaque fois, pour se désabonner, il faut envoyer un recommandé, attendre 2 mois de préavis, rendre sa carte etc… ce qui fait que bien souvent, je restais inscris des mois et des mois après avoir arrêté d’utiliser ce service.

Bref, ce n’est pas du tout ce que je voulais pour JusdelaVigne du coup.

J’ai donc proposé dès le début le désabonnement le plus simple qui soit : par simple clic en se connectant à son compte, sans justifier quoi que ce soit, et sans avoir de préavis. Vous cliquez : vous êtes désabonnés immédiatement, et ne serez plus prélevé sur votre compte bancaire.

C’est aussi simple que ça.

La durée de l’engagement

La majorité de mes abonnements sont des abonnements mensuels. Et c’est d’ailleurs ce que je mets le plus en avant car ça correspond à un désir de liberté : vous commencez quand vous voulez, vous arrêtez quand vous voulez.

Comme je l’ai dis plus haut, il n’y a pas de préavis, donc l’engagement s’arrête dès que le client le souhaite.

Bien entendu, à côté de cela, je propose des engagements à durées limitées pour des cartes cadeaux.

La présence de certains produits ou services qui ne vous intéressent pas

Bon, j’ai tendance à penser que sur ce point, dans le monde des abonnements de vins, il y a moins de problèmes que pour des box de maquillage par exemple.

Celui qui s’abonne à des coffrets mensuels de vins naturels, j’imagine qu’il aime le vin, et qu’il aime le vin naturel. Le problème se pose donc sans doute beaucoup moins que sur ces box “surprises” aillant pour thématique les soins, ou souvent très genrées.

Néanmoins, j’aimerai mettre sans cette catégorie quelque-chose qui m’est parfois demandé : à savoir le fait de choisir “que des vins blancs” ou “que des vins rouges”, chose que je ne souhaite pas proposer.

Mon offre se décompose en l’envoi de 2 bouteilles de vins naturels par mois. Chacune de ces bouteilles est l’une des cuvées du vigneron que je suis allé filmé sur ma chaîne YouTube.

Je ne propose pas de “personnalisation” pour 2 raisons :

  • Filmer et monter 4 vidéos avec 2 vignerons par mois me prends énormément de temps, et c’est d’ailleurs ce que je trouve intéressant et qui me différencie (en plus de la sélection “nature”) des autres coffrets. Je ne pourrais pas inclure un 3ème vigneron tous les mois pour permettre cette personnalisation.
  • Je suis persuadé que la non-envie d’un type de vin provient de mauvaises expériences. Si je prends l’exemple des rosés et des beaujolais nouveaux, qui ont fait l’objet d’une box à part chacuns, ils sont en majorité mauvais. Mais bien travaillés, évidemment qu’ils peuvent être exceptionnels ! D’ailleurs, plusieurs abonnés m’ont remerciés d’aimer de nouveau les vins effervescents, les rosés etc… suite à l’envoi de mes coffrets. Et c’est un défi que j’apprécie énormément.

Donc pour revenir là-dessus, je pense que celui qui s’abonne à un coffret de vins s’attend à des vins, et s’attends surtout à des découvertes. Si c’est pour avoir les mêmes vins qu’il prendrait spontanément chez le caviste, ça n’aurait que peu d’intérêt.

Le manque de transparence des contrats

Pas certain d’avoir compris ce passage, mais je pense que c’est comme le premier paragraphe.

Dans le cas de JusdelaVigne :

  • Tu veux 2 bouteilles de vins naturels par mois, tu es prélevé automatique et tu les reçois.
  • Tu ne veux plus les recevoir, tu cliques, et tu n’es plus prélevé et tu ne les reçois plus.

On ne peut pas faire plus clair, logique et transparent que ça.

Le sentiment de participer à la société de consommation, de “trop consommer”

Je propose 2 bouteilles de vins par mois.

Je pense que pour un français moyen, c’est même moins consommer que d’habitude. C’est d’ailleurs mon créneau : consommer moins, mais consommer mieux et plus responsable.

Plutôt que d’acheter 2 bouteilles au supermarché, je préfère prendre une bouteille dont je sais d’où elle provient et le travail que le vigneron a effectué à la vigne.

Une mauvaise qualité de service ou de biens

Plusieurs arguments me viennent en tête à ce propos :

Transparence

J’ai choisi dès le début la transparence des bouteilles que j’ai proposé les mois précédents. Chacun peut vérifier que les vins que j’ai sélectionné jusqu’à présent son de qualité ou non.

A ma connaissance, JusdelaVigne est la seule box de vins par abonnement à faire cela.

Les vidéos avec les vignerons

Chacun des vignerons que je vais voir, j’en fais une vidéo. Chacun peut voir le travail, la démarche et les vignes dont sont issues les bouteilles que je propose. Toujours dans une volonté de transparence et de gage de qualité.

Une fois encore à ma connaissance, JusdelaVigne est la seule box de vins par abonnement à faire cela.

Le prix

La question du prix paraît primordiale ici. Vous êtes beaucoup à savoir que le transport de bouteilles de vins est excessivement cher si vous avez déjà essayé d’envoyer une quille à un ami. Quand je vois certaines box à des tarifs très bas, je me pose du coup des questions sur la qualité des bouteilles. Sur un mois, c’est jouable, mais tout le temps et dans toutes les régions, ça ne l’est pas.

J’ai dès le début positionné le tarif sur une gamme moyenne-haute par rapport à la concurrence. Et ce, pour plusieurs raisons :

  • Pour ne pas chercher un prix, mais la qualité. C’était pour moi primordial.
  • Pour ne pas me limiter à une minorité de vignerons et une minorité de régions. On sait qu’en Ardèche et dans le Languedoc par exemple, on peut trouver des rapports qualité/prix exceptionnel. Mais je veux pouvoir proposer toutes les régions.
  • Pour que le vigneron soit correctement rémunéré. Si on retire son travail, un rendement plus bas, et le prix des matières sèches, ça me paraît vraiment compliqué de sortir des quilles à des tarifs très bas.
  • Car je voulais des vins naturels. Cela signifie souvent moins de rendements, certains prises de risques. Et donc des prix – un peu – plus élevés que pour des vins conventionnels.

Limite haute

J’en suis encore loin, mais je me suis fixé une limite d’abonnements maximum, qui est très en-dessous du nombre d’abonnés des box qui fonctionnent en France.

C’est à dire qu’à un certain moment, je bloquerai les nouveaux abonnés, qui seraient inscris sur une liste d’attente en attendant un désabonnement.

L’idée, c’est de continuer à travailler avec de petits vignerons. Déjà aujourd’hui, il y en a quelques-uns avec lesquels je travaille où il ne serait pas possible de commander 60 bouteilles. Donc à terme, je souhaite limiter la quantité, le Chiffre d’Affaire et le bénéfice aussi, mais conserver la qualité et le profil de vignerons avec lesquels je veux travailler.

Pour info, cette limite est d’environ d’1/1000 du nombre total de français abonné à une box de vin.

Les retours

Bien entendu, les témoignages de mes clients actuels me confirment que la qualité est au rendez-vous. Je n’ai pour le moment jamais envoyé une autre bouteille car une autre ne plaisait pas.

Bien sûr, certaines tapent plus dans l’oeil que d’autres, mais c’est quand même à prendre en compte.

La crainte de ne pas vraiment profiter de son abonnement

Bon une fois encore, je pense que ça ne s’applique pas vraiment à mon cas et aux box de vins en général. Je pense que sur un mois, ouvrir 2 bouteilles et les partager avec ses amis, ça doit pouvoir se trouver comme créneau.

La lassitude qui peut s’émerger en cours d’abonnement

Au risque de me répéter, j’ai réunis les conditions pour :

  • Changer de régions tous les mois (car non-bloqué par un tarif)
  • Ne pas proposer d’hyper personnalisation, donc éviter d’envoyer que des vins rouges de Côte du Rhône tous les mois, ce qui apporte énormément de diversité.
  • Proposer le désabonnement en un clic en cas de lassitude.

Que cet argument ne tient pas pour JusdelaVigne.

Le fait de ne pas pouvoir posséder le bien

Pas d’inquiétude, une fois que t’achètes la bouteille : elle est à toi !

Si par contre tu voulais posséder le domaine viticole, n’hésites pas à te lancer, beaucoup de régions proposent des parcelles en plutôt bon état pour pas forcément très cher.

Et dans le monde du vin naturel, il est toujours possible de s’entre-aider pour le matériel de cave, pour peu qu’on cherche à faire de bonnes choses et pas à devenir millionnaire.

Pour conclure, c’est quand même un sondage que j’ai trouvé interessant, car il montre une tendance et les potentiels craintes à la vente par abonnement.

J’ai écris ce petit article spontanément, pour pouvoir faire le tour de chaque remarque, et je suis une nouvelle fois content d’avoir créé cette entreprise qui respecte mes valeurs et mes attentes.

Si vous avez d’autres arguments, craintes ou que vous voulez communiquez, n’hésitez pas par commentaires, ou directement à adrien@jusdelavigne.fr

Comme fabrique-t-on les amphores / jarres pour l’élevage du vin ?

Dans le cadre de la box des vins naturels du mois de mars, je me suis rendu du côté de Béziers. Les deux vignerons que j’avais choisis élevaient en effet leurs vins en amphores. Enfin en amphores… c’est plutôt un abus de langage, puisqu’on parle en réalité de jarres.

Ce procédé est plutôt en vogue, mais il s’agit en réalité plutôt d’un retour aux sources. 

Lors du tournage de la première vidéo, Charles Mackay me dit que ses jarres de 160 litres proviennent de Terres d’Autan, une poterie qui se trouve à 1h30 de là. Son patron, Olivier Beliveau, m’est décrit comme quelqu’un de très intéressant. 

L’après-midi, je me rends sur Béziers pour voir à quoi ressemble la ville (tant qu’à faire). J’en profite pour appeler Vivien Hemelsdael pour confirmer le rendez-vous du lendemain. Il me dit qu’il travaille également avec Terres d’Autan.

Trop de coïncidences. J’appelle Olivier, sait-on jamais, pour savoir s’il est possible de prendre quelques images de la poterie. 

Amphores


Malheureusement il n’est pas dans la région, mais m’ouvre les portes de sa poterie avec plaisir. J’irai donc le lendemain matin, avant de passer au Clos des Jarres. Son équipe m’accueille et me fait visiter le tout.

Vous pourrez retrouver ces images en vidéo ci-dessous :

La base : de la terre cuite

Les amphores, ou plutôt jarres, sont en terre cuite.

Pour le vin, on va partir de raisins. Pour ces contenants, et bien on part de la terre. Ou plutôt DES terres. On utilisera effectivement des terres de la région, mais également une autre terre espagnole, réputée “plus élastique”, qui est une propriété que l’on recherche en poterie.

Terre pour poterie
De la terre de la région

La “recette” étant secrète et propre à chaque poterie, nous n’en saurons pas plus.

Les terres sont ensuite concassées dans une machine. Le but est d’en chasser le plus d’air possible, pour éviter que cela craquelle pendant la cuisson. 

Terres d'autan

Pendant tout le processus, on veillera à garder une porosité (le but de l’amphore est d’apporter une micro-oxygénation, comme le ferait un fût), mais sans avoir de coulure ou de cassure (sinon tout aurait été fait pour rien). 

On a donc notre « pâte », malléable, prête à utilisation

Tournage et montage des amphores

On sait tous à quoi ressemble un Tour de potier (même sans en connaître le nom).

Terres d’Autan est une des rares poteries dans le monde à tout faire à la main. Pour beaucoup de potiers, la terre est coulée dans un moule, puis assemblée pour former une jarre. Ici, toutes les parties sont tournées à la main.

Tournées par Rachid, le seul en France qui a les compétences et le savoir-faire pour cela. Après des dizaines d’années à faire d’autres choses en poterie, il est désormais spécialisé dans la confection de jarres, qui constitue la majorité de la production. 

L’amphore est constituée de 6 parties distinctes, qu’il tourne individuellement. Ensuite, il assemblera ces 6 parties, une à une. Il faut compter une journée de séchage entre chaque étape.

Potier jarre
Rachid assemble une nouvelle partie

Comme vous le voyez sur la vidéo, il y a également une petite (rigole) pour bien assembler les deux et une fois encore éviter les coulures. 

Cette façon de faire fait qu’aucune jarre ne va être exactement pareille dans cette poterie. 

Jarres
Il lie les deux

Le séchage des jarres

Entre chaque pièce, il faut éviter les variations de température et l’humidité. On utilise des ventilateurs et on colmate les portes.

Le séchage est une partie très importante. Les jarres sont séchées environ 1 mois avant la cuisson, mais il n’y a pas de science exacte. 

Amphores
Des jarres en cours de séchage

Le but est qu’il n’y ait plus du tout d’humidité dans le fond de l’amphore.

S’il y en a, au moment de la cuisson, il y aura une craquelure au fond de la jarre. On m’en montre un exemple. Une fois encore, on ne peut pas être certain que tout fonctionnera correctement. 

La cuisson des amphores

Enfin, pour qu’une jarre en terre cuite soit utilisable, il faut que la terre soit…. cuite, évidemment ! 

Un énorme four est construit, et peut-être agrandit si besoin. On met 18 amphores sur un chariot, puis on enfourne. Il faut 18h pour la montée en température, puis 18h pour que cela redescende. 

Four pour cuire les amphores
Le four

La cuisson est en général à 1040 degrés, mais certains vignerons font des demandes particulières. 

Il faut savoir que l’amphore commence à cuire à 900 degrés Celsius. Moins la température est élevée, plus la porosité existe. Selon les cépages et les envies, il peut être intéressant de varier la cuisson.

A 1400 degrés Celsius, la porosité est quasiment inexistante, donc on perd l’utilité de micro-oxygénation. 

Tests finaux

Après cuisson, les amphores sont remplies d’eau. On vérifie qu’il n’y ait pas de fuites. Puis on les bouche.

Les amphores doivent faire une mise sous vide avec le bruit caractéristique quand on enlève le bouchon. Si cela n’est pas le cas, on écarte l’amphore. 

Une jarre inutilisable
Une craquelure dans le fond d’une jarre écartée

A l’extérieur, ce n’est pas moins d’une trentaine d’amphores inutilisables qui sont entreposées. On ne tente pas de les colmater, cela fait partie des impondérables. 

Merci à Olivier et son équipe de m’avoir accueilli dans la poterie du côté de Castelnaudary. De nombreux vignerons en vins naturels utilisent ces jarres de 160 litres (la poterie fait d’autres tailles, mais ce sont globalement les plus utilisés).

Je vous laisse le lien vers leur site internet pour en savoir plus et voir les excellents vignerons qui travaillent avec eux. 

Les modifications et corrections dans le vin

Je discutais hier avec une ancienne amie que je n’avais pas revue depuis de nombreuses années. Cette personne fait vraiment attention à ce qu’elle mange, et essaie toujours de consommer des produits de saisons, locaux et bios. Et pourtant, elle était persuadée que dans le vin… il n’y avait que du raisin. 

Et après tout, c’est ce qu’on nous vend : le produit du terroir, les raisins que l’on récolte et que l’on laisse tranquillement en élevage dans des barriques pendant de longs mois (minimisant du même coup le travail du vigneron). Bien évidemment, ce n’est souvent pas aussi simple.

Je vous remet ci-dessous l’image iconique et très connue des vins S.A.I.N.S, qui montre les produits autorisés en vinification : 

Bien entendu, ces intrants ne sont pas mis au hasard, et viennent souvent compenser une absence à la vigne. Sans bons raisins, pas possible de faire de bons jus de raisins fermentés. 

Quand Régis du blog Rhum et Whisky m’a parlé d’une série d’articles sur les spiritueux « trafiqués », je me suis dit que ce pouvait être intéressant de parler du vin également. Sans doute que des techniques s’y rejoignent, mais c’est surtout la méconnaissance de beaucoup qui est commune à ces deux mondes.

L’anecdote qui a été la plus importante ici, et dont j’ai déjà parlé, concerne le père d’un ami, qui donne ses raisins en cave coopérative. Il fut invité un jour avec d’autres viticulteurs à une dégustation de trois vins. Trois verres furent amenés devant eux. Trois vins aux arômes totalement différents. 

Et pourtant, l’oenologue leur annonça fièrement qu’il s’agissait de vins issus d’une même parcelle, du même « terroir », avec donc les mêmes raisins. Mais vinifiés différemment. 

Attention, ici on ne parle pas de durée de macération différente, d’une effervescence, d’un élevage en barrique par rapport à l’inox etc… On était sur des vins des plus standards en terme de vinification, mais avec l’ajout de plusieurs intrants pour modifier l’équilibre. 

La notion d’équilibre dans le vin

Avant de commencer, on va d’abord expliquer brièvement la notion d’équilibre d’un vin. De façon classique, pour qu’un vin soit considéré comme “bon”, il faut bien évidemment qu’il n’y ait pas de déviances, mais également qu’il y ait un juste équilibre entre 3 éléments. Ces trois éléments sont : l’acidité, les tanins, et les sucres (ou l’alcool).

 

Si on sort de cet équilibre, on aura un vin trop plat, ou au contraire trop agressif, dans chacun des éléments. On comprend donc l’intérêt de vouloir rester au centre du triangle, quand cela est possible. Et pour cela, si on ne s’attarde pas sur la qualité et l’équilibre du raisin à la base, dans les vignes, il existe quelques intrants et autres techniques pour s’y rapprocher. 

J’ai donc fait une petite liste des choses que l’on pouvait « trafiquer » (pour reprendre le terme de Régis) qui est bien sûr loin d’être exhaustive. Tous les éléments ci-dessous ne visent pas à atteindre cet équilibre, mais c’est le cas de beaucoup. 

Feindre l’acidité : la récolte en sous-maturité 

On en a parlé avec Manuel Landron dans la dernière vidéo : quand on veut un vin acide, l’une des solutions peut être de récolter en sous-maturité (ce n’est pas ce qu’il fait, parce-qu’il s’agit d’une “astuce”, mais on en a brièvement parlé quand même). Cela permet d’avoir des vins plus frais, plus tendus, plus acides. Mais c’est une acidité “verte”. C’est comme n’importe quel fruit : si on le mange en sous-maturité, ce ne sera pas bon, mais ce sera acide.

A noter également qu’en récoltant en sous-maturité, on aura des rendements plus élevés également, parce-qu’on limite les pertes liées au temps (maladies, faune), et qu’on aura parfois des raisins plus gorgés d’eau.

Selon les organisations, c’est plus ou moins facile de vendanger les parcelles à leurs justes maturités. Mais parfois, pour ajouter de l’acidité et de la tension, le vigneron peut décider de récolter trop tôt ses raisins.

  • Vendanger en sous-maturité : vins acides, plus de jus, mais peu de sucre (donc d’alcool) et acidité verte.
  • Vendanger en sûr-maturité : vins plats, lourds, moins de jus, trop de sucre ou trop d’alcool.

C’est pour cela qu’un des critères de vendanges qu’on entend le plus, c’est le degré d’alcool potentiel. « J’ai récolté à 13,5° ». 

Feindre l’alcool ou la sucrosité : la chaptalisation

Cela peut aller de paire avec la technique au-dessus. Une récolte en sous-maturité fait qu’on manque de sucre ou d’alcool. On peut donc décider tout simplement…. d’ajouter du sucre ! C’est ce qu’on appelle la chaptalisation.

Ce peut être le cas pour plusieurs possibilités :

  • On veut plus d’alcool : on va ajouter du sucre pour qu’il soit transformé en alcool lors de la fermentation alcoolique. On atteindra donc les degrés alcooliques qu’il manquait dans nos raisins vendangés trop tôt !
  • On veut plus de sucre résiduel : on ajoute du sucre.

Feindre l’élevage : l’ajout de copeaux de bois

Ah… les belles barriques dans les caves. Un élevage qui apporte un échange avec l’oxygène, du gras et quelques-fois… un goût typique. Bon, ce n’est plus vraiment la mode des vins boisés, mais ça l’était. Les barriques marquent le plus les vins dans leurs premières années, selon leur méthode de fabrication, pour donner des notes vanillées, caramels et typique du bois. Pour ne pas avoir à en racheter tous les ans, certains mettaient tout simplement des copeaux de bois à macérer dans le vin.

Alors évidemment, c’est une astuce, et ça permet sans doute de raccourcir les durées d’élevage des vins aussi, et ainsi les mettre sur le marché plus rapidement. Mais c’était une mode, ce goût “boisé”. Peut-être que dans quelques années certains achèteront des lies pour ajouter un côté “trouble” à des consommateurs qui chercheraient cela. Tout est possible ! En tout cas, les copeaux de bois existent toujours et sont vendus sous différentes formes et avec différentes aromatiques possibles.

Feindre l’aromatique, le terroir et le temps : l’ajout de levures 

Pour rappel, les levures, ce sont des champignons qui vont intervenir dans le processus de fermentation alcoolique, en transformant les sucres en alcool et en gaz carbonique. Naturellement, il existe des levures que l’on appelle “levures indigènes” qui travaillent, mais parfois partent un peu difficilement (voir pas du tout en cas d’usage abusif de fongicides à la vigne).

Il est donc possible d’acheter des sachets de levure pour plusieurs raisons :

  • Feindre le temps : on peut faire démarrer une fermentation, et l’accélérer avec des levures externes, pour que le vin soit “prêt” plus rapidement.
  • Feindre le terroir et l’aromatique : en modifiant les goûts. Ce fut notamment le cas de certains Beaujolais Nouveaux qui ont entaché la réputation de ces vins primeurs qui peuvent pourtant réserver des surprises.

Je ne mettrais pas les liens vers les sites qui vendent ces levures, car le but n’est pas de taper sur tel ou tel oenologue ou vigneron. Mais en tapant “levures oenologie” sur Google, vous pourrez facilement trouver les différentes levures qu’il existe, et qui sont autorisés pour certaines en vinification bio.

Vous trouverez qu’il existe des tas de levures différentes, pour accentuer certains arômes, la longueur etc… On va apporter des goûts à son jus de raisin par l’ajout de levures externes, non-reliées au fameux “Terroir” qui sera pourtant mis en avant sur l’étiquette.

A côté de cela, il existe également des levures “neutres”, mais c’est intéressant de souligner que beaucoup ne le sont pas.

Feindre l’équilibre : l’ajout de tanins 

Bon, on l’a vu plus haut. Sur un vin rouge notamment, on cherche à avoir un juste équilibre des tanins.

Donc, on peut en acheter en poudre, et ajouter tout simplement des “tanins de vinifications”, qui ont souvent d’autres “qualités” sur les jus de raisins fermentés d’après leurs fiches techniques. Rien à redire là-dessus, sauf si c’est une nouvelle fois une forme de tromperie auprès du consommateur, qui s’attend à avoir les tanins des peaux et pépins des raisins du domaine.

De plus, des vins rouges sans trop de tanins, ça peut aussi avoir ses intérêts, et plaire à une partie des consommateurs.

Feindre l’acidité : acidification 

On en revient à l’équilibre avec cette fois ci d’autres intrants que l’on peut ajouter dans la cave.

Pour augmenter l’acidité, outre la récolte en sous-maturité, on peut également ajouter un ou plusieurs acides à son jus de raisin fermenté. Une fois de plus, c’est une nouvelle fois autorisé en bio : les aides tartrique et lactique sont autorisés (source).

Au contraire, pour diminuer l’acidité, c’est également possible ! On peut ajouter de l’eau (!), du carbonate de calcium, du tartrate de potassium, du carbonate de potassium (entre autres) pour diminuer cette acidité.

Même s’ils ont des noms “barbares”, ce ne sont pas de produits dangereux en soi. C’est juste que quand on boit du vin, on s’attend en général à avoir un jus de raisin fermenté, issu d’un terroir et d’une tradition, et pas forcément d’une recette chimique. Mais on y reviendra un peu plus bas.

Feindre le nature : le sans sulfites ajoutés (mais UHT) 

Allez, là c’est le petit point bonus, mais qui fera l’objet d’une vidéo prochainement sur la chaîne YouTube.

Le vin naturel, ça marche, et les industriels l’ont forcément bien compris. Les consommateurs, qui tentent de se renseigner, se penchent sur un des éléments les plus connus et visibles pour les vins “natures” : le “sans sulfites ajouté”. La quantité de soufre dans un vin n’est qu’un des éléments qui fait un vin naturel, mais à la limite, ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est le raisin, les levures indigènes, et le fait de ne pas ajouter des choses visant à dénaturer le produit.

Donc outre le fait d’en faire sans utiliser de raisins bios (car il n’y a aucune législation sur le sujet), on se retrouve donc avec certains vins “sans sulfites ajoutés” en rayon de supermarchés, pour des prix tout à fait dérisoires, et qui jouent avec la sémantique du “naturel”, pour tromper le consommateur : vous… moi…

Or, ces vins-là, sont effectivement et sans doute sans sulfites ajoutés. Mais ils s’autorisent non seulement tout ce qui est dit plus haut, mais également un procédé que l’on appelle la flash-pasteurisation, qui permet d’éliminer toutes les bactéries, mais qui détruit également tout l’intérêt d’un vin. On peut faire le parallèle entre un fromage au lait cru et un fromage au lait pasteurisé.

La question de Régis : comment se prémunir contre cela, comment choisir son vin ? 

Alors bien sûr, la plupart des vignerons n’utilisent pas tous les éléments de la liste, et heureusement. D’ailleurs, le procédé n’est même pas forcément totalement à critiquer : quand on fait de gros volumes, on essaie d’avoir des vins équilibrés pour réussir à les vendre. C’est un raisonnement logique, car il y a des hommes derrière cela, et qu’il y a aussi un marché à satisfaire.

Mais je pense que c’est intéressant d’informer les consommateurs. Et ce qui est dommage par contre, c’est la standardisation des goûts du vin. On a les mêmes vins, peu de surprises avec des vins conventionnels en restant dans une gamme de prix raisonnable. Pire que cela, on a exporté nos cépages et techniques de vinifications dans beaucoup de pays du “nouveau monde”. Ce qui fait que ces mêmes goûts, ces mêmes vins, on les trouve partout dans le monde maintenant.

Cela dévalorise nos terroirs, et également nos dégustations, et le plaisir de déguster et partager – avec modération – un verre de vin.

Alors du coup, pour répondre à Régis, comment choisir son vin ?

On a plusieurs choix :

  • On se fiche un peu du procédé de fabrication, tant qu’on a un vin parfaitement équilibré : dans ce cas là, on continue comme ça. L’idée n’est pas ici de condamner ou non ces pratiques. Elles existent, et il n’y a pas de soucis avec ça. Un peu plus de transparence ne serait pas de refus, et le but n’est que d’informer. Il existe de bons vignerons partout, mais il faut assumer ses choix. 
  • On souhaite un vin sans défauts et équilibré, mais naturellement : il faut se tourner vers les vins en biodynamie, naturels et/ou sains. Très peu d’intrants sont autorisés en vinification et dans les vignes pour ces vins, et les raisins auront souvent un plus bel équilibre naturel, qu’on ne pourra pas combler autrement. Bien évidemment, ce ne sera pas le cas de tous ces vins, et certains n’auront effectivement pas l’équilibre recherché plus haut. Quelques fois, ça fait de belles surprises. D’autres fois, cela ne nous plaira pas au goût (et c’est tout à fait subjectif). Pas de certitudes, des découvertes qui font que ce monde du vin est magnifique !

Enfin, si vous souhaitez découvrir de beaux équilibres naturels, de belles surprises, et des vrais vins de Terroir, vous pouvez vous abonnez à la box des vins naturels JusdelaVigne. Tous les mois, nous partons rencontrer deux vignerons, vous découvrez leur travail à la Vigne, leur démarche à la Cave, et vous recevez chez vous deux bouteilles de vins naturels que j’apprécie.

Merci à Régis de Rhum et Whisky pour l’idée de cet article, et d’avoir organisé la rencontre de ces deux mondes.

Il ne boit plus que du vin naturel pendant deux semaines, et voici le résultat

 

Au supermarché, dans certains restaurants, on s’autorise souvent une bouteille bouteille de vin conventionnel le sir Une habitude que partageait l’auteur de ce blog, Adrien. Après des ballonnements quotidiens, des problèmes de peau à répétition, un palais détruit et un sens moral douteux, le jeune homme a pris la décision d’arrêter de boire du vin conventionnel pendant 14 jours. Voici les bénéfices tirés par le blogueur.

JOUR 1 A 3

Dès les premiers jours, Adrien observe les effets positifs. Habitué à se réveiller plusieurs fois dans la nuit, le blogueur réussit à dormir sept heures d’affilées. Mieux, au réveil, plus de mal de tête et une meilleur digestion. Paraît-il qu’en plus la veille, les vins goûtés étaient vraiment meilleurs ! La qualité de ses soirées et de son sommeil s’améliore, la fatigue et la monotonie se fait de moins en moins ressentir.

JOUR 4 A 7

Après avoir régulé le cycle de son sommeil, la qualité gustative de ses vins, Adrien a la merveilleuse surprise de rencontrer des personnes formidables. Seul bémol : le jeune homme ressent une curieuse envie de manger du saucisson et du fromage pour accompagner ces beaux vins naturels, provoquée par le titillement plus vif de son palais, contrairement aux vins consommés auparavant.

JOUR 8 A 11

Pour le début de cette deuxième semaine d’expérimentation, le blogueur s’est débarrassé de ses catalogues de foires aux vins. Même la newsletter à des sites de ventes traditionnelles sont aux abonnés absents. Adrien affiche un teint (presque) sans défaut, il est magnifique.

JOUR 12 A 14

L’heure du bilan a sonné, et le résultat est sans appel. Oui, le vin naturel est meilleur en goût. Il y a une vraie démarche de la part des vignerons derrière. Adrien a perdu 15 kilos en 2 semaines, dû à la réduction des vins sucrés. Les résultats ont été suffisants pour convaincre le jeune homme que son palais, la planète, les vignerons seraient beaucoup mieux si tout le monde commençait à consommer du vin naturel.

 

Ceci est bien entendu une parodie de l’article du magazine Elle : de cet article. D’ailleurs, peut-on parler d’article quand on a 4 paragraphes de quelques mots, et des visions approximatives comme celles-ci ?

L’abus d’alcool est bien sûr dangereux pour la santé, et il doit être consommé avec modération.

Si néanmoins vous pensez à bénéficier d’une partie des réels bénéfices mis en avant dans cet article (il y en a quand même un ou deux qui se sont glissés dedans), n’hésitez pas à aller voir les découvertes que je propose ici : découvertes de vignerons et de vins naturels.

Choisir un cadeau dans le monde du vin

Les cadeaux dans le monde du vin : un vaste sujet. A l’approche de Noël, on remarque dans les rayons fleurir des livres sur le sujet, des tonnes d’accessoires loufoques, énormes et qui semblent fort peu pratiques. Bref, on le sait, le thème du vin pour les cadeaux, c’est un thème récurrent.

Pourquoi ? Parce que souvent, quand on a pas d’idées de cadeaux, on se jette sur les recommandations de nos magasins, et on achète un coffret de parfum ou de produits de beauté pour Madame, et un truc en rapport avec le vin ou les spiritueux pour Monsieur. C’est cliché, sans doute sexiste, mais c’est ce qui est mis en avant.

Aujourd’hui, on va essayer de donner quelques pistes dans cet univers souvent méconnu, qui est une véritable passion pour des milliers voir des millions de français, mais qui est parfois récupéré par des marketeux peu scrupuleux. L’idée est de trouver un cadeau pertinent en rapport avec le monde du vin : d’éviter que son cadeau ne finisse au fond d’un placard, et qu’il ne serve qu’à remplir le tiroir caisse du commerçant.

Les accessoires vins

Alors les beaux coffrets classes noirs et argentés, on en voit partout. A l’intérieur, une multitude d’accessoires qui font pros, qui font massifs, qui ont l’air solides.

Pour m’aider, je suis allé voir sur Amazon. On est la veille de black friday à l’heure où j’écris ces lignes. Je pense donc qu’on peut trouver des choses assez drôles.

coffret accessoire vin

accessoire vin

Ah ah parfait ! Exactement l’exemple que j’avais en tête ! Numéro 1 des ventes : ça ne trompe pas ! C’est typiquement le genre de cadeau où on se dit “mais ça parle de vin, et y’a pleins de trucs qui ont l’air classes ! Pour 20 balles en plus !”

Oui, mais c’est aussi typiquement le genre de trucs qui va rester au fond d’un placard. Quand on regarde les commentaires, on voit que ça a été utile comme cadeau de Noël pour son mari, comme cadeau pour la fête des pères etc… Mais pas – ou très peu – de commentaires de réels utilisateurs. Pourquoi ? Car c’est clairement un truc qui fait bien en cadeau, mais dont on ne sert pas. Si c’était réellement utile, on se l’achèterait pour soi, pas pour offrir (à garder en tête quand on fait un cadeau ça hein : je vous voie en train de prendre un coffret avec deux mugs et un livre de recettes).

J’ai caché la marque car ce genre de coffrets, il en existe énormément, et ils vont se vendre comme des petits pains sans soucis.

Alors, quel est le problème exactement ? Déjà, quand on ouvre une bouteille, on a pas forcément envie de sortir un coffret. Ensuite, le tire-bouchon est trois fois trop gros, et d’après les commentaires : lourd. C’est la dernière chose qu’on recherche pour un tire-bouchon. Ca fait 10 ans que j’utilise le limonadier de le Coutale : très pratique, robuste, pas cher, tient dans la poche, c’est amplement suffisant !

Ensuite, à côté de ça, on a remplit le coffret avec le maximum d’accessoires possibles. Des accessoires que je n’ai jamais vu utilisée par des professionnels sur un salon ou en dégustation. Si les vignerons ne les utilisent pas, j’ai du mal à croire qu’on les utilisera chez nous, à moins de vouloir se donner un style de connaisseur. Pas sûr qu’un coffret à 20 euros puisse étancher cette soif là.

Bref, évitez ce genre de cadeaux.

Les verres

Là, c’est un cadeau intéressant. Les verres, moi j’ai tendance à les casser en les nettoyant. C’est quand même un sacré investissement, même sans la casse : mais c’est très utile !

Je ne suis pas forcément très protocolaire dans mes dégustations, mais la forme d’un verre joue quand même beaucoup sur ce que l’on va ressentir. Adepte souvent du verre INAO, on a quand même parfois envie de sortir de beaux verres lorsqu’on déguste un beau vin que l’on connaît, ou qu’on se fait un repas un peu plus formel ou romantique.

Voici les deux marques vers lesquels je vous recommande de vous tourner : Riedel et Spiegelau (un peu moins cher que le précédent). Ce sont deux marques très connues, donc pas forcément de grosses surprises, mais pas de déception : c’est du lourd.

C’est un beau cadeau en rapport avec le vin, et ce sera forcément utilisé, et apprécié par un connaisseur. Bref, un très beau cadeau. Attention néanmoins à ne pas maltraiter le carton !

Les livres sur le vin

Les guides sur le vin

Un truc qu’on voit fleurir aussi beaucoup, ce sont les guides le vin. La promesse est alléchante : faire la liste de tous les bons domaines, et de toutes les bonnes bouteilles, sur un millésime, et donner des notes de dégustation.

Voici néanmoins mes réserves par rapport à ce genre de choses :

  • Ce sera à mon avis inutilisé : je n’ai encore jamais vu quelqu’un sortir son guide avant d’acheter une bouteille chez le caviste, au supermarché ou devant son PC. Souvent, un vin que l’on repère et qu’on a envie de goûter par rapport à des notes de dégustation sera difficilement trouvable comme ça. Donc à la limite une nouvelle fois, ça peut permettre de flatter son égo en retrouvante une bouteille de sa cave dans ce livre.
  • Le goût, les notes, vous savez que je suis contre. La dégustation d’un vin, c’est quelque-chose de totalement personnel. En dehors des gros défauts qui sont vraiment à éviter, on aura pas tous la même perception de ce qu’est un grand vin. Donc faire la chasse aux 17 donnés par un auteur, ça n’a à mon avis aucun intérêt.

Des livres pour entrer dans le monde du vin

Alors pour me répéter, je ne suis pas favorable à une trop grande place du protocole dans la dégustation.

Néanmoins, connaître les bases, c’est bien. Donc, je vous re-conseille ce livre pour les bases : le vin c’est pas sorcier, d’Ophélie Neiman. N’hésitez pas à cliquer ici pour savoir pourquoi c’est un livre sympathique pour cet exercice.

Cependant, vérifiez que vous vous adressez à quelqu’un qui s’intéresse réellement au vin, sinon le livre ne sera jamais lu. Adressez-vous a quelqu’un qui a également un niveau plutôt “débutant”, sinon cela paraîtra peut-être trop facile d’accès, et peut-être aura-t-il déjà lu pas mal de bouquins ou de blogs sur le sujet.

Sinon, en très sympa aussi, il existe les formats BD. Je ne peux que vous recommander de nouveau le livre Les Ignorants d’Etienne Davodeau qui est tout bonnement excellent, très complet et bien dessiné. Sinon, il y a également le second volet de la BD “Pur Jus” qui vient de sortir, qui est également très bien écrit et dessiné, par des passionnées de vins naturels (ou plutôt de vins “pur jus”). Attention cependant aux ruptures de stocks, mais c’est vraiment un beau cadeau aussi.

Les romans

Puisque je vous parle d’anciennes lectures, je vous conseille une nouvelle fois l’excellent livre Skin Contact d’Alice Feiring. L’intérêt est que ça peut s’adresser à tous, peu importe le “niveau” ou même “l’intérêt” dans le monde du vin, vu que c’est un roman ! Peu de chances de se tromper donc dans cette invitation au voyage !

Une belle bouteille

Alors ici, on sort des trucs “à la mode”, et “mis en avant” dans les supermarchés en période de fête, pour se recentrer sur des choses plus classiques. Oui, une bonne bouteille, ça peut être une bonne idée.

Avantages : 

  • Selon l’âge de la personne, on peut éventuellement trouver son millésime. C’est plutôt sympa et personnalité.
  • Si c’est réellement une belle bouteille, ça fera un bon cadeau pour un connaisseur.
  • C’est l’occasion d’aller voir votre caviste de quartier, et de voir s’il a de belles choses et s’il peut vous communiquer sa passion.

Inconvénients : 

  • Si vous n’y connaissez rien, c’est sans doute une mauvaise idée. La bouteille ne plaira peut-être pas (le nombre de soi-disant Grand Crus de Bordeaux sans intérêts qui doivent se vendre en cette période doit-être hallucinant).
  • C’est quand même un budget.
  • Si c’est un trop belle bouteille, la personne à qui vous ferez ce cadeau n’osera pas la boire, ou attendra une occasion en or pour cela. On perd un peu l’esprit du vin.

Les box, les vins par abonnement

Bon, je met les choses au clair tout de suite, je prêche pour ma paroisse. Evidemment, je vais manquer d’objectivité, puisque j’ai créé JusdelaVigne, une box de vins naturels par abonnement. Néanmoins, si j’ai créé cette entreprise, c’est que je pense que c’est un très bon moyen d’aborder le monde du vin et de faire des découvertes.

La box de vin, c’est une bonne idée

Alors oui, la box de vin, c’est selon moi LA bonne idée pour un cadeau :

  • La personne reçoit 3 ou 6 coffrets chez elle. Donc l’impression de recevoir plusieurs cadeaux.
  • Découvertes : c’est sortir des sentiers battus : offrir et recevoir des bouteilles qu’on aurait sans doute pas acheter dans une autre occasion.
  • Dans la moitié des cas, on a quand même en général des bouteilles sympas, des descriptions, on a le plaisir de recevoir un cadeau et de voyager etc…
  • Ce sont des bouteilles qui seront bues et partagées, puisqu’il y en a plusieurs, qu’on est tenté, et qu’il ne s’agit pas d’une seule bouteille à 50 euros ou plus.

Il y a beaucoup de box de vins !

Il y a quand même une sacrée concurrence sur ce marché, et c’est sans doute difficile de faire un choix.

Des premiers prix, des vins étrangers, des petites fioles… Ce n’est pas la thématique qui manque. Il y a en a pour tous les goûts, et toutes les bourses. Néanmoins, le prix qui sera mis dedans, et la taille de l’entreprise, jouera forcément sur la qualité du produit. Des petites pépites ou des trouvailles pour de trop grosses quantités, ce n’est pas possible.

Pourquoi choisir JusdelaVigne ?

Bon là, c’est le moment où je parle de ma boîte. Pas de bla-bla marketing, je vous parle en trois points de pourquoi je crois sincèrement en ce que je propose :

  • C’est une box de vin naturel, certifié bio ou biodynamie : c’est globalement la seule manière de savoir que son vin, c’est uniquement du jus de raisin fermenté, avec une dose maximum de soufre à 40mg/L, et pas une recette de cuisine. Ce sont des vins de terroirs non modifiés.
  • C’est la seule box de vin où vous avez des vidéos pour aller au delà de la bouteille. Vous pouvez entendre le vigneron expliquer sa démarche, voir le terroir, ses vignes et voir la manière qu’il a de travailler : transparence totale. N’hésitez pas à aller les voir ici.
  • C’est la seule box où vous pouvez voir les précédentes bouteilles, et les prochaines aussi (avant le paiement). Je suis totalement fier de mes sélections, et donc les montre en toute transparence, c’est plutôt rassurant non ? Vérifiez : TOUS les concurrents cachent les bouteilles qu’ils vendaient les mois précédents.

 

Bref, pour clôturer cet article : il y a du choix. On pourrait éventuellement parler d’offrir des circuits oenotouristiques, mais je ne connais pas vraiment les offres sur la question. Je propose avec JusdelaVigne ce qui se rapprocherait le plus de cela, mais à distance.

Il y a de nombreuses options de cadeaux dans cette thématique du vin. Et c’est rarement facile de faire son choix. J’espère que cet article vous aura aidé dans tous les cas !

Cet article participe à l’évènement interblogueurs “comment choisir le cadeau de Noël idéalorganisé par Corentin du blog desvinsavous.com. Si vous avez aimé cet article, partagez-le s’il vous plaît. Vous m’aiderez ainsi à faire connaître ce blog 🙂

Christophe Lindenlaub – Riesling nature “A griffes acérées”

J’ai goûté pour la première fois les vins de Christophe Lindenlaub au salon des vins libérés. A l’époque, c’était son pinot noir qui m’avait énormément plu, au milieu d’excellentes découvertes. J’avais gardé son nom en tête, avec l’idée d’un jour passer à son domaine. En Fevrier, j’ai fais une vidéo sur le Grand Cru Bruderthal de Molsheim, avec trois excellents vignerons. J’étais en fait assez frustré d’être littéralement à deux kilomètres de Dorlisheim, et de ne pas passer chez Christophe dans le cadre de cette vidéo. J’ai donc voulu me rattraper quelques semaines plus tard.

En passant au Domaine, j’ai goûté son Pinot Noir nature en brut de cuve, et je dois avouer que je le trouvais toujours excellent : un bon vin de copain, un vin d’une grand fraicheur à servir avec les températures montantes. Mais j’ai aussi goûté un peu par hasard son Riesling nature “A griffes acérées”, en 2016. Et là, je me suis dit que je voulais absolument découvrir le parcours de cette bouteille, parce-qu’il m’a vraiment parlé, encore plus que le Pinot Noir.

Vous retrouverez donc ci-dessous le parcours du Riesling nature “à griffes acérées”, ainsi que la présentation de Christophe Lindenlaub. Je remercie ce dernier qui a vraiment pris le temps d’expliquer de façon très pédagogique des concepts comme le palissage et le rolofaca. Le Riesling est à retrouver pour 15 chanceux si vous commandez avant le 15 Juin sur Jusdelavigne.fr

Dans les vignes de Christophe Lindenlaub

La vidéo a été tournée fin Mai 2018, on est donc en pleine floraison, et c’est magnifique ! Il y a beaucoup de végétation variée entre les rangs, et Christophe nous explique dans la vidéo ci-dessous les travaux de cette période, le terroir de son Riesling nature, et quelques concepts clefs de la vinification en bio et en biodynamie (comme la 500).

Dans la cave de Christophe Lindenlaub

On est dans une cave très différente de celle de Romain Zordan, avec une approche différente également. Mais c’est cela qui est très intéressant, et c’est cela qui fait que la “patte du vigneron” se retrouve en plus de celle du terroir. Ici, point de barrique, mais la précision des cuves inox. On reste dans une vinification nature, donc sans intrants ni sulfites ajoutés.

Dans le caveau de dégustation de Christophe Lindenlaub

On se retrouve dans cette dernière vidéo de la série dans le caveau de dégustation de Christophe Lindenlaub, où on va parler de la bouteille de Riesling nature “à griffes acérées”, mais aussi un peu des autres bouteilles. Car en plus d’un Riesling, Christophe fait un excellent Gewurtzraminer de macération, du Sylvaner, du Muscat et le fameux Pinot Noir.


Une nouvelle fois merci de son accueil.

La bouteille est encore disponible pendant 48H sur Jusdelavigne.fr 

A bientôt ! 141

 

 

 

Romain Zordan, vigneron à Fleurie

Romain Zordan, je l’avais rencontré la première fois au salon à contre-courant en Octobre dernier. Un vigneron très sympathique et très vrai, et des vins qui l’étaient également ! A l’époque, on goûtait les 2016, et c’était son entrée de gamme, le Beaujolais 16, qui m’avait séduit. On était sur 5 ou 6 cuvées de Gamay, toutes avec un profil intéressant.

Je l’ai revu au salon “Biojolaise” en Avril 2017, et j’avais hâte de redouter ses vins ! A ce moment-là, on était sur des 2017, avec des profils complètement différent. Et pour le coup, c’était son Fleurie que j’avais adoré. J’ai donc profité d’être sur place pour aller le voir quelques jours plus tard au Domain Chateau Grand Pré. Le vin, c’est bien, mais voir ce qui se passe derrière, ça ouvre une autre dimension.

Le Fleurie 2017, c’est un des deux vins du mois à retrouver dans le coffret du mois de Juin sur Jusdelavigne.fr

Dans les vignes de Romain Zordan

Je suis d’abord tombé sur son père, qui était en train de labourer ces parcelles, autour de la maison familiale. C’est son père qui avait décidé de passer en bio, tandis que c’est Romain qui a commencé  la vinification nature. Son père m’explique que la conversion s’est faite au fur et à mesure. D’abord, ne plus utiliser ce qui était nocif pour ses enfants, au point de leur interdire de sortir de la maison et de passer dans les vignes. Puis, la vie réapparaissant dans les vignes, l’usage d’insecticides devenait moins nécessaire (la biodiversité se rééquilibrant), puis l’usage de fertilisant devenait moins utile également. A contrario, le fait de labourer demandait plus de temps et de moyens. La vidéo ci-dessous a été tournée fin Avril 2018, et il allait falloir labourer manuellement entre les ceps, ce qui n’allait pas être de tout repos.

Au final, le Domaine pratiquait le bio bien avant la certification qui est arrivé en 2012, et ne vient que confirmer une viticulture propre.

La vinification nature de Romain Zordan

Au niveau de la cave, c’est à force de dégustation que Romain Zordan s’intéresse à la vinification nature et aux vins naturels. Son objectif avant tout est d’avoir le meilleur goût possible. S’il y a plus de risque, le résultat est exceptionnel quand cela fonctionne. Le nature exige des raisins sains, et une hygiène irréprochable.

On a vraiment la quintessence d’un terroir non modifié, le millésime se ressent pleinement (d’où la différence entre le 2016 où j’avais préféré l’entrée de gamme, et le 2017 où l’AOC Fleurie m’avait tapé dans l’oeil), et la patte du vigneron est également présente (par rapport à la “typicité” exigée par l’AOC).

Fleurie 2017 nature de Romain Zordan

Merci à Romain Zordan pour son accueil, et merci pour ce Fleurie nature 2017, un excellent Gamay, avec quand même une structure qui fait que cela s’accompagnera bien avec des plats.

Retrouvez cette bouteille avant le 15 Juin sur le site Jusdelavigne.fr

Le vin est-il en train de mal tourner ? de Stephen Buranyi

Les défenseurs du vin naturel affirment que l’industrie moderne du vin est complètement dans le faux, pour des raisons d’éthiques, d’écologie et de goût. Ils ont provoqué le plus grand clivage du monde du vin de leur génération. De Stéphen Buranyi. 

Ceci est une traduction de l’article écrit dans The Guardian que vous trouverez ici

Introduction

Si vous avez eu la chance de diner au « Noma » à Copenhague en 2011 – qui vient d’être reconnu comme le « meilleur restaurant du monde » – on aurait pu vous servir l’un des plat signature de la maison. Un couteau de la mer du Nord, un seul, cru, dans une mousse de persil, saupoudré d’une neige de raifort. Une merveille technique et conceptuelle, qui souhaite évoquer les difficultés hivernales du littoral nordique. 

Mais encore plus remarquable que le plat lui-même aurait été la boisson l’accompagnant : un verre d’un vin trouble, un blanc acide, d’un vigneron presqu’inconnu de la Vallée de la Loire. Un verre d’un vin qui devait valoir à l’époque 9 euros la bouteille. C’était certainement un choix étrange, voir un impair, pour un menu à 350 euros. 

C’était un vin dit « naturel », fait sans aucun pesticides, conservateurs ou produits chimiques. Le produit d’un mouvement qui a lancé le plus gros clivage dans le monde du vin de sa génération. 

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« Château-l’Arnaque » de Peter Mayle (par Delphine Keppens)

Bonjour à tous ! Cette chronique du livre “Chateau l’Arnaque de Peter Mayle” est écrit par Delphine Keppens du blog : Des familles et des Livres ; qui m’a proposé suite à mon petit défi lecture de me faire cette revue d’un livre parlant également de vin. Les livres romancés sont effectivement une bonne manière de mettre un pied dans le monde du vin – autre que la dégustation – sans se tourner vers des choses trop techniques. Je prendrai comme exemple l’excellent Skin Contact, où on reste également dans le thème du voyage et de la découverte, qui est l’angle choisit par Delphine. 

Château l'arnaqueChâteau-l’Arnaque

Les arnaques dans le monde du vin, ça me fait forcément pensé au célèbre Rudy Kurniawan. Je vous conseille d’ailleurs le documentaire “Sour Grapes” – Raisins amers en français – , que vous trouverez sur Netflix, qui retrace les arnaques de cette personne. Cela met en perspective la spéculation autour du vin. Vendre et acheter des bouteilles à plusieurs dizaines de milliers de dollars, pour moi ça dépasse l’entendement. Surtout quand on sait que finalement ce n’était pas de la Romanée-Conti 47 à l’intérieur, mais un assemblage d’un alchimiste très doué. 

Sour grapes

Dans un registre plus actuel, et sur des bouteilles de vins beaucoup plus accessibles, on peut citer les arnaques sur les appellations à Bordeaux et en Côtes du Rhône. Dans les deux cas, ce sont des bouteilles vendues sous une appellations alors que les raisins venaient d’ailleurs. Ce qui est impressionnant une nouvelle fois, ce sont les chiffres. Pour Guillaume Ryckwaert, on parle de 26,6 MILLIONS de bouteilles vendues sous des appellations Côtes-du-Rhone ou Côte-du-Rhone-Villages alors qu’ils s’agissait de raisins de tables. L’arnaque est donc colossale, même si on ne peut pas résumer la qualité d’un vin à son appellation. 

Bref, malheureusement, le monde du vin et les arnaques, c’est assez fréquent. Et ces deux éléments semblent être tout à fait indiqué pour un roman. Je vous laisse avec l’article de Delphine 🙂 


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Le nez dans le Jura !

Le Jura, cette petite région viticole (par la taille, pas par la qualité !) que je ne connais que très peu.

Pourquoi aller dans le Jura ?

Trois raisons font que j’y suis passé un week-end :

  • L’écrasante majorité de photos sur Instagram avec les mêmes quilles (je suis faible je sais, mais quand on voit souvent les mêmes bouteilles, ça donne envie de goûter), des vins qui sont difficiles à trouver ici.
  • Les podcasts de « La terre à boire », qui font que j’ai également envie d’aller en Corse maintenant. Le témoignage de quelques bons vignerons donne toujours envie d’aller sur place.
  • L’élément déclencheur, le déclic : un salon des vins bios en Jura, où il sera possible de déguster et découvrir de très nombreux vignerons, et des bons tant qu’à faire !

C’est donc parti pour un week-end dans le Jura !

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