Les vins pétillants #1 : le champagne

Salü bisàmme !

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Je vous avais parlé dans cet article sur les vins libérés des PetNat, que jai même vu dans un bar sur Strasbourg la semaine dernière. Je me suis dit qu’il était temps de faire un article sur les vins pétillants.
Souvent synonymes de fête et très souvent aussi d’apéritifs, je pense qu’il faut qu’on les considère comme des vins à part. On a tendance à les boire un peu négligemment (en terme de perception) alors qu’ils sont également pour certains le travail passionné de la terre et du vigneron.

Je voulais initialement rassembler tous les vins pétillants au sein d’un même article, pour faire un comparatif des méthodes de vinifications et de leur utilité, mais ça aurait été un peu trop long.
Voici donc la première partie de cette série d’articles : évidemment, on va commencer par le plus emblématique, symbole des fêtes et du chic français par excellence « le champagne » !

 

Histoire

 

Les anglais, oui, encore eux !

On a parlé des anglais pour la possible invention des bouteilles de verre et des bouchons de liège. Et bien, s’ils n’avaient pas autant apprécié le vin naturellement pétillant du champagne, et s’ils n’avaient pas ajouté du sucre de canne pour favoriser ce pétillant, peut-être que le champagne tel qu’on le connaît n’existerait pas !

Et oui, avec l’invention de la bouteille de verre à la fin du XVIIème siècle, certains vins de champagne mis en bouteille faisaient une seconde fermentation. C’est à dire que les sucres étaient transformés en CO2, créant une effervescence. Et si les vignerons français faisaient tout pour corriger ce « défaut », les anglais l’appréciait, et ont ajouté du sucre pour accentuer cet effet.

L’évolution du vin pétillant

Cette « méthode » du vin naturellement pétillant existait depuis un peu plus d’un siècle, il s’agissait du vin mousseux « Blanquette de Limoux » produit depuis le milieu du XVIème siècle par les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Hilaire.
C’est cette méthode et expérience qui aurait inspiré le fameux moine Dom Perignon. Ce serait en effet le premier à avoir assemblée plusieurs cépages et des cuves de plusieurs années différentes pour créer son vin effervescent.
Néanmoins, la méthode d’effervescence n’était pas la même qu’utilisée aujourd’hui, et elle se basait sur des expériences et pratiques pour s’améliorer. A cette époque, ce vin pétillant n’est pas très apprécié des français et ne représente même pas 1% des vins de champagne.

 

Il faut attendre la fin du XVIII, début du XIXe, pour que le vin de champagne se fasse un peu plus reconnaître internationalement grâce à l’arrivée de familles allemandes. Celles-ci, désireuses d’avoir « l’art de vivre à la française », ont acheté de propriétés viticoles en champagne pour faire ce vin effervescent, et le vendre en Europe centrale.
C’est ainsi que de nombreuses appellations ont des consonances germaniques, tel que Krug, Deutz, Bollinger ou encore Moët. C’est également à cette époque des femmes célèbres prennent également de l’importance dans cette entreprise, notamment Mme Clicquot et Mme Pommery, dont je vous conseille la visite de leur cave sur Reims (elles ne sont pas très loin l’une de l’autre qui plus est).

Fête nationale

Petite anecdote, il paraîtrait que le vin de champagne fut le seul autorisé à être bu sur le champ de Mars pour la fête de la Fédération le 14 Juillet 1790. Il symbolisait la révolution pour cette réconciliation avec le Roi, ce qui est assez étrange avec le recul.
Donc, le 14 Juillet prochain, vous pouvez boire du champagne aussi !

Le champagne, un amour récent

Aujourd’hui, tout le monde connaît et ADORE le champagne. C’est le premier apéritif qui nous vient en tête pour de grands évènements (même si certains chauvins penseront au Crémant d’Alsace, et je ne me sens pas visé, non non, du tout). Néanmoins, cela est très récent !

Le champagne était vu comme un vin de dessert, sans doute à cause du grand taux de sucre résiduel qui devait exister à l’époque dans ces vins bruts. C’est grâce à un marketing acharné et des passionnés de ce vin effervescent, que dans les années 70 le champagne s’impose comme un vin d’apéritif et de célébration.
Ainsi, la production de champagne est passée de 30 millions de bouteilles à 300 millions entre 1950 et 2000, favorisée par une image festive complètement internationale.

Appellation AOC Champagne

Ci-dessus le bouchon typique des bouteilles de champagne.
L’appellation « AOC Champagne » existe depuis 1935.

Géographie

L’AOC champagne a l’exclusivité sur le nom « champagne ». Les autres régions qui utilisent la même méthode n’ont pas le droit d’utiliser cette appellation, et appelleront par exemple leur production « Crémant ».

 

Les quatre zones autorisées à produire du champagne sont la vallée de la Marne, la montagne de Reims, la Côte des Blancs et la Côte des Bars (Côte de l’Aube) sur environ trente milles hectares de terrain. Ainsi, les deux tiers des champagnes produits le sont dans le département de la Marne, un quart dans le département de l’Aube, 10% dans l’Aisne, et le reste dans la Haute-Marne … et la Seine et Marne.
Oui, du champagne est fait en Ile-de-France ! Bon, la région « champagne-ardenne » n’existe plus officiellement, mais c’est assez drôle de savoir que les frontières de l’appellation dépassent les frontières administratives.

Le vignoble de champagne bénéficie de trois spécificités climatiques :

  • Septentrional : En effet, il est à la limite Nord de la culture de la vigne, en raison d’un climat très froid. Les gelées d’hiver qui ont fait des ravages cette année peuvent plus fréquemment qu’ailleurs détruire les bourgeons au moment du débourrement. Il y a donc un risque plus important de perte qu’ailleurs. La température moyenne est de 11 degré Celsius pour ces vignes, avec un ensoleillement plus faible qu’ailleurs, empêchant une maturation trop importante du raisin.
  • Océanique : Les écarts de température entre les saisons sont plus faibles qu’ailleurs. Il y a par ailleurs une pluviosité régulière, ce qui favorise l’apporte en eau aux vignes de champagne.
  • Continentale : La pluviosité est de même modérée par rapport aux terroirs de l’Ouest, et l’ensoleillement est bon. Cela est néanmoins ce qui fait que les conditions climatiques sont rudes pour les vignes.

Le sol est argile-calcaire, comprenant la fameuse craie qui constitue souvent les murs des caves de maisons de champagne. La craie compose les sols des de la Montagne de Reims ainsi que de la Côte des Blancs. Elle a comme caractéristique d’être un réservoir à eau, ce qui accentue les bienfaits du climat océanique en apportant de l’eau régulièrement aux racines en cas de sécheresse.

Enfin, le vin de champagne est un vignoble en coteaux, ce qui signifie qu’il se situe sur la pente d’une petite colline. Les vignes sont orientées Sud – Sud-Est – Est afin de favoriser l’ensoleillement et contre-balancer la rudesse du climat champenois et également l’éventuel excès d’eau apporté aux vignes.

Ces spécificités géographiques apportent la finesse et fraicheur recherchée par les amateurs de champagne.

Les cépages du Champagne

Il existe 7 cépages autorisés pour l’appellation champagne, dont les trois premiers sont de très loin les plus utilisés dans la région :

  •  Le pinot noir (le plus fruité)
  •  Le pinot meunier (donne du « corps » au vin)
  •  Le chardonnay (le plus élégant)
  •  Le pinot gris
  •  Le pinot blanc
  •  l’arbane
  •  le petit meslier

Les pinots noirs et pinots meuniers sont des cépages ayant de grappes noires. En effet, le pinot noir est connu notamment pour être le cépage faisant la réputation des grands vins rouges de Bourgogne, les beaujolais, et les rouges alsaciens entre autres.
Seul le jus est utilisé et ne sera pas mis en contact avec les peaux, d’où l’absence de coloration « rouge ». Cette spécificité créa plusieurs « types » de champagne que l’on peut lire sur des étiquettes de bouteilles. Leurs noms indiquent les cépages utilisés :

  • Blanc de blanc : Comme son nom l’indique, il s’agit de champagnes composées uniquement de cépages blanc. En l’occurence, il s’agit en général de champagne 100% chardonnay, mais le petit meslier et l’arbane sont parfois également utilisés. Ce seront des champagnes élégants.
  • Blanc de noir : Du coup, forcément … ce sont des champagnes utilisant le Pinot noir et Pinot Meunier. Ils sont ainsi blancs, mais de cépages noirs. Ce sont des champagnes qui seront puissants, avec des arômes caractéristiques de ces cépages de vins rouges, comme les fruits rouges et fruits noirs.
Classification

Vu qu’on est sur les différentes choses qu’on peut lire sur une étiquette, on va parler du classement de ces vins de champagne. En effet, on peut lire parfois « grands crus » ou « premier cru » sur les bouteilles de champagne, sans savoir lequel est mieux classé. Un « grand cru » ne sera pas forcément meilleur (cela dépend bien évidemment du vigneron, et certains étant pourtant sur le terroir décident de ne pas avoir cette appellation), mais cela donne un ordre d’idée du « prestige » de la bouteille.

Il existe donc trois appellations, dont deux seraient indiqués sur la bouteille pour la rendre plus « prestigieuse », du plus haut au plus bas :

  • Grand cru : La plus prestigieuse, sélectionnée sur critère de qualité du raisin, comporte 17 communes.
  • Premier Cru : 42 communes.
  • Autres crus : le reste des communes produisant du champagne.

Pour qu’une bouteille affiche sur son étiquette cette distinction, il faut que tous les raisins de sa cuvée proviennent des communes définies. Cela influe donc fortement sur le prix des raisins auxquels les chais peuvent le payer, au point qu’on parle d’échelle des prix, où 100 représente le prix des raisins grand crus.

Les règles et obligations de l’appellation Champagne

Pour résumer et compléter, voici ce qui doit être respecter pour gagner l’AOC. Ce sont des points récurrent pour les différentes appellations françaises.

Une zone géographique détaillée ci-dessus.
– Ne contenir que des raisins issus des 7 cépages cités ci-dessus.
– Un taillage de la vigne particulier, qui fera l’objet d’un futur article.
– Un quota de rendement de raisins à l’hectare.
– Un quota de rendement au moment du pressurage.
– Un degré minimum d’alcool
– L’utilisation de la méthode champenoise
Une maturation sur lies pendant un minimum de 15 mois

 

Hey hey hey ! J’ai encore d’autres questions !

 

Avec quels verres doit-on boire le champagne ? A quels moments du repas le boit-on ? Avec quel plat faut-il le boire ? Ca veut dire quoi brut, doux et sec ? C’est quoi la « méthode champenoise » ?

 

Toutes ces questions feront l’objet d’un second article, que vous retrouverez dès demain.

Crédits photo : rainer_maria, Tétard Olivier, Quinn Dombrowski, DalGobboM, Kevin Glowacki

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