La biodynamie est-elle au vin ce que l’homéopathie est à l’Homme ?

Pour ceux qui ne peuvent pas voir la vidéo, ou préfèrent une version écrite, voici un article reprenant globalement ce qui est dit dans cette vidéo :

En cherchant un peu des ressources sur la biodynamie, on constate souvent que le parallèle est fait avec l’homéopathie. Je suis étonnamment plus favorable à la première qu’à la seconde, mais c’est vrai qu’il existe de nombreux points communs entre ces deux pratiques.
J’ai recensé ici ceux qui existent.

Mieux vaut prévenir que guérir

La médecine conventionnelle consiste à soigner quand le mal est déjà là.
En parallèle, l’agriculture conventionnelle ou raisonnée fonctionne de la même façon. En présence de maladies ou parasites, on va traiter. Il existe des cas extrêmes de plus en plus rares qui traitent en continue et en prévention, mais on va les écarter dans cet exemple.

En biodynamie, on estime que s’il y a une maladie, c’est que l’équilibre du vivant n’est pas respecter. On va donc chercher la source de ce déséquilibre.
La logique homéopathique ira dans le même sens, dans le sens où l’Homme devra prendre quelques gélules à l’arrivée de l’hiver afin de se prémunir et de pouvoir se défendre seul face aux maladies.

Dépendance médicamenteuse

Des recherches ont été faites par Georg Meissner de l’Institut de Geisenheim. Il a planté en 2006 des vignes traitées en conventionnel, en bio, et en biodynamie. Entre 2006 et 2009, les vignes bio dynamiques ont été jusqu’à cinq fois moins touchées par la pourriture acide (lien de l’étude sur le site de Demeter).

D’autres exemples montre une dépendance des vignes aux traitements. Celle-ci est également expliquée par la destruction de la biodiversité qui a son rôle dans la nourriture et la protection des vignes.

Concernant l’humain, on peut également faire ce parallèle de dépendance médicamenteuse et de l’affaiblissement de notre immunité biologique dans des univers trop stériles.

Croyance et étroitesse d’esprit

Oui, on a l’impression que la biodynamie et l’homéopathie ne reposent que sur des croyances, au détriment de la vraie science. Du coup, il y a un très fort rejet – parfois violent – de la part de ses détracteurs.
Mais il y a également parfois une certaine étroitesse d’esprit chez certains de ses défenseurs, qui attaquent systématiquement et violemment l’agriculture conventionnelle, bio ou pour faire le parallèle les lobbys pharmaceutiques.

On aurait donc un sectarisme de chacun qui ne reposeraient que sur des croyances presque « religieuses ». Il y a souvent un fossé entre deux mondes, alors que si on prend l’exemple de l’homéopathie, les deux méthodes pourraient tout à fait être complémentaires.

Parce-que cela paraît irrationnel

Enterrer pendant plusieurs mois de la bouse de vache dans le sol ? Après l’avoir mis dans une corne ?

Diluer 200 fois une maladie pour la réinjecter ?

Certes, ces exemples font peur et attaquent notre logique.

Les études se contredisent et rien n’est sûr pour l’homéopathie. Il existe des exemples pragmatiques sur la biodynamie, et certains travaux notamment révélés par Maria Thun montrent l’efficacité des principes de dilution et de dynamisation sur certaines plantes (c’est d’ailleurs assez bluffant comme résultats).

Néanmoins, même si les vignerons sont de plus en plus nombreux à se convertir (on est encore dans un champ lexical religieux) et que cela semble fonctionner, il y a quand même une partie de notre cerveau droit qui se pose des questions, car cela paraît irrationnel.

Des pratiques similaires

Au niveau de la pratique, il existe de nombreuses similitudes une fois de plus, comme les principes de dilution et dynamisation.

Dans les deux cas, on va prendre une petite dose d’une substance, et la diluer de très nombreuses fois. C’est à dire qu’on va prendre une dose, la diluer dans 100 doses d’eau, puis reprendre une dose du mélange, et la rediluer etc etc… jusqu’à 20, 100, 200 fois ce processus.
Les travaux de Maria Thun dont j’ai montré plus haut montrent que quasiment plus c’est dilué, plus c’est efficace, alors qu’il n’y a quasiment plus, voir plus du tout, de molécules due la substance initiale.
C’est l’équivalent de verser une cuillère à café de sel dans l’Océan atlantique, une fois encore, on n’a du mal à comprendre la logique.

Ces différentes dilutions sont ensuite dynamisées, mécaniquement ou à la main avec un bâton. Il s’agira ici de créer un vortex pour créer de l’eau dynamisée et transmettre les forces des différentes substances.
Une fois encore, on a du mal à comprendre la logique. Et pourtant, concernant la biodynamie, de très faibles substances (en quantités négligeables) permettent l’augmentation de la biodiversité. Voir étude de Georg Meissner citée plus haut.

Au final, certains disent que l’homéopathie marche pour eux et c’est tant mieux ! Même si on peut penser à un effet placébo, n’est-ce pas mieux que de prendre un médicament ? Une fois encore, tant qu’il n’y a pas de sectarisme et de refus d’utiliser des soins classiques en cas de maladies plus graves, il n’y a aucun problèmes.
La biodynamie est aujourd’hui rejoint par des vignerons très pragmatiques, qui ne souhaitent pas obéir aveuglément à un cours qui date de 1924. Ceux-ci testent alors différentes « recettes » pour voir celles qui fonctionnent chez eux. Ils y trouvent souvent des pratiques qui les reconnectent à leurs terroirs, et cela se retrouve souvent dans les goûts. Ce n’est pas pour rien que certaines grosses maisons comme la Romanée-Conti s’y est mise.

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