DSA #2.3 : « Le Vin, du ciel à la terre » de Nicolas Joly

Bonjour à tous !


« What ? Nicolas Joly » me direz-vous ? Oui, pour ceux qui ont suivi, ce livre ne faisait initialement pas partie de ma liste des livres à lire en une semaine. En effet, je devais lire « Pur jus : Cultivons l’avenir dans les vignes » de Justine Saint Lô et Fleur Godart, mais un petit contretemps a fait qu’il n’était plus disponible, et j’ai pris à sa place Le Vin du ciel à la terre

.Tout d’abord, parce-que Nicolas Joly est un personnage un peu « polémique » dans le milieu des adeptes des vins biodynamiques, et je voulais me faire une opinion un peu plus personnelle. Et puis cela semble être un incontournable. Je confirmerai dans cette chronique les deux points.

Ce livre est à mon sens la réunion d’un livre scientifique, un livre militant, et un livre théologique.

En effet tout d’abord … je n’ai pas vraiment réussit mon challenge. Il m’a en effet fallu deux jours au lieu d’un pour terminer cet ouvrage de trois cents pages. Par sa relative longueur pour un tel défi d’une part, parce-que le flot d’information à « digérer » est très important, et parce-que ce livre détruit pas mal de concepts considérés comme « acquis ».

L’auteur d’ailleurs confirme ce point à la fin de son livre :

Pardonnez-moi, tout ceci est peut-être un peu compliqué pour certains d’entre nous quand on appréhende tardivement et pour la première fois toutes ces choses.

Compliqué ? Oui. Dérangeant ? Parfois.

Ci-dessous, je ferais un résumé des pensées principales que j’ai retenu de ce livre, ainsi que les points qui font qu’effectivement, j’ai parfois été un peu dubitatif devant cette découverte et première lecture.

Les principes clefs développés dans « Le Vin, du ciel à la terre »

Nicolas Joly s’adresse à mon sens en priorité à des vignerons, qui ont déjà une connaissance poussée de leurs terres et des vignes. Il développe des idées qui sont intéressantes pour l’amateur que je suis, mais qui peuvent demander une remise en question d’une part, et de la concentration de l’autre.

Le monde est une dualité entre la polarité physique et la polarité énergétique

Pourquoi une photo de Jedi me direz-vous ? Et bah personnellement, c’est l’image qui me parle le plus quand je repense aux concepts développés par Nicolas Joly. C’est une référence assez imagé, mais je pense qu’on a tous une idée assez précise que ce qu’est « la Force » dans Star Wars.
Pour vulgariser, ce que l’auteur ne fait pas, une partie de « Le Vin du ciel à la terre » consiste à expliquer comment se manifeste cette « Force ». Nicolas Joly appelle bien entendu ce concept différemment, mais je pense que les néophytes comme moi saisiront mieux ce concept.

La vie serait donc le résultat d’impulsions énergétiques qui créent de la matière. Ces impulsions proviennent entre autres du système solaire et du système stellaire, mais nous y reviendront. Ces impulsions sont comparables aux ondes des téléphones portables, des satellites, des fréquences hertziennes etc…
La vie est un équilibre donc entre cette polarité matérielle (physique) et la polarité énergétique (la Force dans ma métaphore). Les organismes vivants forment un tout, et le dérèglement d’une partie de cet équilibre a forcément des conséquences.

Le livre développé par Nicolas Joly aura donc pour intérêt de théoriser ces synergies naturelles, la relation entre différents éléments de ce « tout », en se basant principalement sur les travaux de Rudolph Steiner (dont je parle brièvement ici). Cela va donc bien plus loin que ce que l’on peut penser du « biologique » qui consiste à supprimer les intrants « chimiques ».
Il se base également sur de nombreuses expériences scientifiques pour illustrer ses propos. Par exemple pour théoriser ces énergies, il a fait chauffé plusieurs cuves d’eau, mais en utilisant des combustibles différents pour créer le feu. Ces eaux n’étaient pas en contact direct avec la flamme, mais ces eaux ont eu des résultats totalement différents sur des grains de blé ! Cela prouverait d’après l’auteur l’existence de l’influence d’une non-matière sur la matière.

Qui est Nicolas Joly ?

J’aurai pu commencer par là. D’après son livre, Nicolas Joly a commencé dans la finance, avant de reprendre le domaine familial, « la Coulée de Serrant ». Suite aux conseils d’un professionnel, il décide de passer au tout chimique alors que le domaine était jusqu’à présent cultivé « à l’ancienne ».
Nicolas Joly voit alors les ravages de ce mode de viticulture, et suite à la découverte par un hasard d’un livre parlant de biodynamie, il décide de tester ce concept. Il teste cela sur un tiers de son domaine, et décide trois ans après de reconvertir l’entièreté de ses vignes. Depuis, il se perfectionne chaque année au fil de ses expériences pour cela.

En France à ma connaissance, c’est un des principal porte-parole de la biodynamie pour le domaine du vin, malgré les avis divergents à son sujet. Les concepts qu’il développe ne sont également pas suivis par tout ceux qui appliquent la viticulture biodynamique. Il y aura en effet deux écoles : ceux qui soignent la terre (Aristote) et ceux qui s’occupent des « forces énergétiques » Platon. Nicolas Joly appartient donc à cette seconde école, qu’il considère comme supérieure bien évidemment.
Il décide d’écrire ce livre car Rudolph Steiner n’était pas un vigneron, et qu’il n’existait donc pas d’ouvrages spécialisés en 1996 (date de première parution) en viticulture bio dynamique. Il partait également d’un constat que les vins conventionnels se ressemblaient de plus en plus, loin d’être le fruit du terroir.

Un vin en biodynamie n’est pas nécessairement bon, il est toujours vrai.

L’AOC selon Nicolas Joly

La définition d’une AOC véritable apparait à plusieurs reprises dans le livre de Nicolas Joly.
Pour nuancer un peu la suite, il est intéressant de savoir que « La Coulée de Serrant » fait partie des trois seuls AOC à n’appartenir qu’à un seul propriétaire. Les deux autres étant la « Romanée-Conti » et le « Château Grillet ».

L’AOC aurait été créé pour reconnaître les mariages des cépages et des terroirs qui sont le fruit de l’expérience de plusieurs générations de vignerons.
Aujourd’hui, elle ne représenterait qu’une série de normes géographiques, d’une liste de choses à respecter, qui ne reflète plus vraiment les caractéristiques d’un terroir. C’est ainsi qu’on assiste à une uniformisation des goûts, et aussi – d’après l’auteur – cela explique que les vins français se font aujourd’hui détrôner par des vins étrangers aux méthodes similaires. En effet, le terroir spécifique n’étant plus utilisé, cela se ressent également à la dégustation.

L’AOC devrait donc représenter son terroir. Cela devrait également inclure les micro-organismes et microbes vivants. En effet, « Aucune racine d’aucune plante ne peut se nourrir par elle-même d’un sol » disait Claude Bourguignon.
Or, l’utilisation massive de désherbants a tué ces micro-organismes. Cela a eu des effets positifs sur le court terme, avec une baisse de la main d’oeuvre, et parce-que ces microbes morts se sont transformés en fumure, mais cela a asséché la terre et a rendu cette dernière plus dépendantes à d’autres produits, comme les engrais chimiques par exemple.

Dans l’idéal en biodynamie, un domaine devrait être totalement autonome. C’est à dire que tout ce qui est ajouté à la vigne en matière de nutriment (par les sols ou via les préparats) viendraient du domaine. Cela serait complètement représentatif d’un terroir, puisque les micro-organismes et autres plantes sont très différents en Champagne par rapport au PACA par exemple.
Dans le livre, Nicolas Joly prend l’exemple d’un test qui a été fait par l’INAO sur le reblochon. Ce dernier perdait sa typicité si la vache était nourrie avec du blé du midi. Si la nourriture d’une vache influe sur son lait, la « nourriture » de la vigne influera également sur le jus de ses raisins.
Ainsi, une Appellation d’Origine Contrôlée véritable prendrait en compte tous ces éléments. C’est tout l’objet de l’association « Renaissance des Appellations ».

Quatre états de matière

Le monde matériel serait divisé en quatre états de matières. Chaque chose pourrait ainsi être catégorisé entre ces quatre états (y comprit les plantes et les animaux). La compréhension de ces états permettraient de comprendre les relations entre chaque élément d’un tout.
Pour la viticulture, cela serait important pour appliquer les bonnes préparations, mais aussi pour comprendre l’influence des planètes et des étoiles sur son travail.

Les quatre états existants seraient donc :

L’état minéral (la terre)
L’état aqueux (l’eau)
L’état gazeux (la lumière, l’atmosphère)
L’état de chaleur

On constate une certaine « expansion » de la terre vers le soleil dans ces états. Il y a également une force centrifuge au début, puis centripète à la fin. Ainsi concernant la vigne, on pourrait dire que la racine est « minérale », que la feuille appartient à l’état « aqueux », que la fleur appartient à l’état « gazeux », et enfin le fruit à la chaleur.
Il y a également une dualité entre la gravité qui créé la matière, et la lévité qui défait la matière. En viticulture, l’hiver représenterait le côté terrestre, avec un retour à la terre. Et au fur et à mesure des saisons se produirait une élévation vers l’état solaire de chaleur. Enfin à l’autonomie, le végétal meurt formant l’humus, c’est un retour à l’état minéral.

Les autres plantes seraient ainsi catégorisés selon leur faculté à rester accrochée à la terre (comme les vignes ou le saule pleureur), ou à s’élever vers le ciel (comme le cyprès).

Le vigneron pourrait ainsi, en sachant reconnaître ces différents états, accentuer l’évolution de la vigne selon qu’il veuille préparer l’ascension ou au contraire faire descendre la plante vers la terre. L’ascension permettrait une plante luxuriante, et la « descente » la qualité gustative.
Ainsi par exemple, le fumier du cheval ou du pigeon (catégorisés « état de chaleur » vu leurs propensions à aller vers le ciel) aurait un intérêt dans les régions « froide » comme la Champagne, mais serait destructeur dans le Sud de la France. A contrario, le fumier d’une vache catégorisée « aqueux » aurait un effet sur la sève et la feuille de la vigne.

Les Préparats

Largement inspirés de Rudolph Steiner, ces préparats sont le fruit de la compréhension de ces quatre états de matière. Ainsi par exemple, on ferait passer les plantes dans des organes animales pour accentuer la synergie d’un même état de matière.

Ces préparats sont peu chers, et sont également le résultat de l’expérience de chacun, puisque chaque terroir est également différent. C’était un peu l’approche de Florian Beck-Hartweg.

Dans son livre, principalement adressé au vigneron, Nicolas Joly explique différentes techniques, en alliant ces quatre états, afin d’avoir les effets désirés.

En trois ans avec ceux-ci, il serait possible de redynamiser une terre qui avait été souillée jusqu’à 3 mètres de profondeur.
En dehors de cela, Nicolas Joly insiste sur le fait de ne pas abuser sur ces préparations, car si le but est de recréer une vie microbiotique disparue, il ne faut pas que cette dernière soit plus importante que l’état naturel initial.

Ainsi, il explique par exemple en détail la préparation de la bouse de corne, de la « 500 ». Ce qui est intéressant, c’est que de deux récipients ont été testés pour cette bouse. Une première a été mise dans une corne, qui est la solution qu’on connaît. L’autre a été enterré à côté dans un pot en terre cuite.
Et bien la bouse déterrée de la corne de vache était 80 fois plus chargée bactériologiquement que le pot « neutre » !
Cette préparation est ensuite « dynamisée », et doit être utilisée sur le sol moins de deux heures après avoir été dynamisée. Si elle est aspergée sur les feuilles, elle attirerait trop d’insectes sur celles-ci.

D’autres préparations sont détaillées dans le livre, avec leurs effets, et surtout l’explication du « pourquoi » en prenant en argument les états de matière. Les tisanes par exemple sont à appliquer après dynamisation sur les feuilles. Les plantes doivent être cueillies le matin, et parfois gardée pendant de long mois afin de les appliquer le moment opportun.

Homéophatie

Le livre se base sur des explications prenant en compte les axiomes de l’auteur que sont la divergence matière / non-matière et la prise en compte des 4 états de matière.
Ces explications sont parfois ponctuées d’expériences scientifiques pour prouver dans les cas l’efficacité des sujets abordés.

L’un de ces sujets à l’homéopathie. Cela se base sur le concept d’énergies, de non-matière. En effet, dans le sens où « la vie n’a pas de poids », le fait d’appliquer que 10 grammes d’une solution sur une hectare pourrait suffire. C’est une façon de pensée « non-matérialiste » (au sens de la dualité) qui peut être difficile à comprendre. Si on raisonne en terme de « Force », un seule petite dose suffirait à étendre ses ondes à tout le domaine.

Et pourtant, Nicolas Joly se base sur les expérience du Dr Kolisko présentes dans le livre « Agriculture of Tomorrow ». L’un des tests de ce docteur consiste à appliquer une dilution de chaux sur du blé, pour voir comment les graines vont germer.
Quand la solution est diluée 10 fois, 100 fois, 1000 fois et 10000 fois, les graines germent moins bien qu’avec de l’eau neutre. Par contre, quand la chaux est diluée 100 millions de fois (D8), les graines de blés germent beaucoup plus qu’avec de l’eau ! On ne peut pas parler d’effet placébo pour des plantes.
D’autres exemples sont cités dans le livre.

Les maladies sont une réaction de la nature

 

Les maladies en viticulture seraient la résultante d’un déséquilibre, d’une déficience des « forces énergétiques ». Les traitements chimiques entraînent une dépendance et une adaptation des parasites. Ainsi, plus on traite … plus on a besoin de traiter.

Les traitements rendent également la vigne « fainéante ». En effet, celle-ci n’a pas besoin d’aller puiser ses nutriments (ou « forces ») dans la terre. Cela l’affaiblit donc.
Or, la nature élimine les plus faibles.
Pour prendre un autre exemple, le traitement chimique contre le mildiou (qui est un champignon) détruit la vie au sol. Cela rend la vignes plus sensibles aux attaques et détruit une partie de ses levures naturelles (obligeant le vigneron à ajouter des levures aux chais).

A contrario, les plantes cultivés en biodynamies sont plus résistantes. Quand une maladie apparaît, il convient de trouver la cause de cette maladie plutôt que de vouloir traiter immédiatement sans réfléchir. Pour reprendre l’exemple du mildiou, on sait que quand la lune est en périgée (donc le moment où elle est la plus proche de la terre), les champignons montent sur les plantes avec l’humidité (le même effet que les marées).
Le fait d’utiliser des anti-acariens pour détruire les araignées rouges et jaunes détruit également les typhlodromes. Or, ces derniers se nourrissent des araignées. Donc, c’est le serpent qui se mord la queue.

Traitements chimiques et viticulture moderne

Pour continuer sur le thème des « maladies », les traitements chimiques les ont accentués d’après Nicolas Joly. En effet, la nature n’aimant par le vide, elle a remplacé les micro-organismes absents par de nouveaux parasites. Un sol « sain » contiendrait jusqu’à un milliard d’organisme vivant par gramme.

La viticulture moderne consiste à nourrir les vignes, mais en se faisant détruit le sol. Les racines de ces vignes ne plongent plus dans la terre et restent à la surface (puisque tous leurs nutriments physiques sont à la surface). Ainsi, les qualités d’un terroir ne sont pas mises en avant, d’où l’utilisation de levures favorisant l’émergence de « goûts aromatiques », ou encore l’utilisation de tonneau de chêne neuf, ou encore de copeaux de bois.

Vu que tous les éléments seraient en synergie, on aurait alors deux solutions : apporter de plus en plus de traitements pour s’adapter aux nouvelles maladies (et car les vignes ne pourraient plus s’alimenter par elles-même) soit venir à la biodynamie.

Vinification en chai

C’est sur le terrain, au milieu de ses vignes, que le vigneron « fait » le vin.

L’idéal en biodynamie serait que le vigneron se contente de regarder son vin se former. Sinon, il l’assistera dans son « ascension », mais son jus de raisin ne devra pas être dépendant de lui.

Ainsi, pour Nicolas Joly, on ne procédera à aucun débourbage, car les lies sont importantes en terme de nutriments et forces. Les levures utilisées seront bien entendu celles présentes naturellement sur la baie de raisin. Bien entendu, cela est plus facile sur les vignes sont « vivantes » à la base.
La fermentation naturelle se ferait bien plus rapidement suite à une viticulture dynamique, elle ferait même un degré d’alcool en plus sans que cela ne se ressente lors de la dégustation. Le vigneron pourra se contenter de contrôler la température.

Il pourra tester différentes dates de vendanges par rapport aux rythmes lunaires, mais également selon les énergies dégagées par son bâtiment. Des différences seraient par exemple notables suivant où serait situé les cuves d’élevage. Il y a des notions de « Feng Shui ».

Par rapport au soufre, Nicolas Joly ne prône pas un « zéro soufre » tant que ce dernier est « qualitatif ». Néanmoins, il insiste sur le fait que les vins bio dynamiques seraient beaucoup plus résistants à l’oxydation. Ils seraient plus sensibles à la réduction, mais cela s’ajuste facilement par le consommateur.
Le soufre serait superflu si le vin est laissé sur lies, et que la chaîne du froid était respectée pendant le transport. Sinon, une faible quantité est tolérée par l’auteur.

Pour le collage et la filtration, Nicolas Joly explique que le collage n’est nécessaire que s’il y a un problème. S’il y a un problème, c’est que la viticulture n’était pas qualitative. Pour la filtration, une préfiltration est possible et suffisante. Plus serait dénaturer le vin.

Les dégustations dans le monde du vin

Nicolas Joly parle rapidement des dégustations, parfois tronquées, que l’on peut voir dans certains magazines spécialisés par exemple.
En effet, il prend ces différents exemples :

-Certains vignerons font des « micro-cuvés » exceptionnelles mais qui ne représentent qu’un pourcent de leur domaine. Ces micro-cuvés sont mis en avant car très bons, mais ne représentent pas 99% du reste du domaine vinifié totalement autrement.
– Certains vignerons paient les guides dans lesquels ils apparaissent. Difficile de croire que ces derniers soient donc totalement subjectifs.
– Les vignerons amènent souvent leurs bouteilles, ce qui garantiraient leur qualité. Or, le consommateur ne reçoit pas la bouteille directement du vigneron.
– Enfin, certaines personnes ayant connaissances des « forces énergétiques » ajouteraient de l’eau ayant ces « forces » pour booster leurs vins lors des dégustations. Ces eaux s’achèteraient à prix d’or.

Système solaire et stellaire

La biodynamie pourrait s’appliquer sans connaissance des différences liés au calendrier lunaire, solaire et stellaire. Néanmoins, cela apporterait un plus non négligeable d’après certaines expériences sur des légumes.

L’idée serait tout d’abord de comprendre que la terre n’est pas isolée, et que la vie serait complètement différente si elle l’était. Il y a des systèmes inconscients qui se mettent en route, et même l’homme est soumis aux rythmes solaires. Les plantes réagissent également, en étant totalement géocentriques.

L’auteur conseille d’être de bons septiques, et de tester l’influence de ces différents paramètres sur nos plantations.

Il sépare les planètes et les constellations selon les 4 états de la matière. Ainsi, cela serait possible d’influer sur les différentes parties des plantes elles-mêmes reliées à ces états de matière (voir plus haut).

Source : Le Vin, du ciel à la terre, lui même renseigné du « Calendrier des semis » de Maria Thun. C’est elle qui a également fait bon nombre d’expériences sur l’influence de ces cycles.

Quand on parle de « zodiaque », il s’agit ici des constellations, qui ont légèrement bougés par rapport aux signes du zodiaque utilisés dans l’astrologie. On parle ici d’astronomie, et pas d’astrologie.

Les états matières seraient plus efficaces lorsque les astres leur correspondant sont en opposition (180°, donc un astre de part et d’autre de la terre) ou en trigone (120°). Ils auraient l’effet inverse en conjonction (un astre « cachant » l’autre) et la quadrature (90°).

Les points de divergences

Outre la remise en question d’axiomes provenant de l’éducation, certains points de divergences se montrent.

Militantiste, théoricien du complot

Certains points m’ont parfois mis mal à l’aise. Nicolas Joly conclus en disant que la biodynamie s’affranchit de préférences politiques et économiques, et c’est également ce que je souhaite et pense. Néanmoins, certains exemples ou suppositions ont à mon sens desservi son propos.

  • Les USA contrôlent la météo à des fins militaires.
  • La théorie des « chemtrails », tous les avions du monde balancent des produits chimiques.
  • Les lobbies pharmaceutiques contrôlent le monde entier.
  • La théorie de l’évolution est fausse.
  • Darwin est à côté de la plaque.
  • Le fait de greffer sur un porte-vigne est équivalent à « Hitler »

Je ne développerait pas ces sujets, mais c’est à mon sens l’illustration d’un militantisme qui est assez dérangeant sachant que les sujets évoqués demandent une grande ouverture d’esprit.
En effet, la prise en compte des « forces énergétiques » implique déjà l’abandon d’un grand nombre de croyances. Ces théories du complot peuvent décrédibiliser le reste du livre.

Certaines explications brouillonnes

De nombreuses expériences pragmatiques permettent d’éviter de rejeter tous les arguments de l’auteur. Certaines sont tout à fait surprenante, et cela permet en effet de remettre en question beaucoup de croyances.

Néanmoins, on a parfois l’impression que les explications viennent « après les découvertes ». On dirait qu’il s’agit d’une critique artistique d’une oeuvre parfois, même s’il y a une forte cohérence globale.
C’est peut-être dû à une première lecture, et qui plus est rapide pour ce genre de contenu. Il se repose beaucoup sur Rudolph Steiner et Goethe, mais le style est un peu brouillon parfois du coup.

Il essaie de plus d’expliquer ce qui nous paraît incompréhensible. Ainsi, Nicolas Joly va se confronter à deux qui y croient et dont les explications paraitront insensés, et ceux qui n’y croient pas.

Conclusion

C’est au final selon moi un livre compliqué, mais qui ouvre les portes à un pan intéressant de la biodynamie. Le Vin du ciel à la terre demande une très grande ouverture d’esprit. Tout n’est pas forcément bon à prendre, mais dans une majorité des cas, les différentes applications de ces théories fonctionnent sur les vignes.
Quand au côté spirituel, chacun pourra y trouver son compte. Ce livre a donc trouvé sa place dans ma liste des livres à lire, puisque je voulais justement étendre mes horizons. Sa comparaison avec d’autres livres sur la biodynamie serait intéressante.


Crédit photo : régine debatty

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