Mes premières vendanges

Salü bisamme !

Aujourd’hui, un article plus court que d’habitude, où je vais vous conter mon expérience dans le monde parfois méconnu des vendanges. Un monde méconnu par certains, alors que d’autres les font tous les ans.

2017 a été comme chacun sait une année particulière, avec le gel printanier d’avril ayant fait chuter la quantité de raisins, mais aussi des vendanges commençant beaucoup plus tôt que d’habitude.
Pour mes premières vendanges, je suis allé chez un petit vigneron qui travaille en coopérative, et qui devait ce jour là ramasser les raisins servant à faire le Crémant d’Alsace.

Le rendez-vous a été donné peu avant 8 heures, le temps de prendre un petit café et de faire la connaissance de la vingtaine de vendangeur présents. Nous étions, moi et ma femme, les seuls « bleus » en la matière, tandis que les autres venaient depuis de très nombreuses années. L’aspect un peu comique de la chose est que nous ne comprenions rien en cette fraiche matinée ce qui se disait, puisque les discussions se firent en alsacien. J’ai encore du pain sur la planche concernant cette langue !

Une grande partie des vendangeurs est monté sur une remorque tirée par un tracteur, pour nous mener dans les vignes. J’ai plutôt bien apprécié ces petites balades nous permettant d’aller d’un champ à un autre.

Le temps fut incertain, mais nous avons tout de même évité la pluie.

Il faut savoir que dans ce village, la plupart des petits vignerons n’ont que quelques rangées, afin que tous les viticulteurs puissent avoir les mêmes orientations, et ne pas être désavantagées. On a notamment vu que les vignes qui étaient orientés vers le Nord ne donnaient qu’une quantité de raisin très faible, avec une qualité moins importante que sur d’autres orientations.

Nous avons ensuite tous pris des gants ainsi que des sécateurs. 15 secondes d’explication et c’est partie ! Bon, en fait, ce n’est effectivement pas bien compliqué. Il suffit de couper la rafle qui relie la grappe de raisin aux branches de la vigne.

Certains raisins sont « pourris », et nous allons donc faire un tri en faisant tomber les baies importées. Certaines grappes sont également moins mûres que d’autres, mais nous progressons néanmoins sur cette première pente de vigne.
Vu la quantité de raisin, nous avons vite terminé ces premières rangées. Et il est alors temps de prendre un autre petit café avec des viennoiseries. L’ambiance est plutôt bon enfant, et le restera.

Nous prenons alors le tracteur pour passer sur d’autres rangées. Nous remplissons chacun un petit seau de ces pinots blancs et pinots auxerrois servant à faire le Crémant d’Alsace. Je goûte différentes baies afin de voir les différences de cépage directement sur le fruit, et c’est assez intéressant, et même bon !

Une fois que le seau est plein, nous réclamons en alsacien ou non, un seau vide. Le seau plein est alors mis dans des botiches, qui sont les « bacs » jaunes que vous pouvez apercevoir sur la première photo. Nous l’avons vu sur l’article sur les Crémants d’Alsace, les récipients servant à accueillir les raisins, les botiches, sont utilisés afin de garantir que les raisins du dessous ne seront pas écrasés par les raisins du dessus.

Ensuite dans ce cas, c’est un petit tracteur qui ramassera la botiche qui sera ensuite déplacé sur un plus gros tracteurs à l’aide d’un élévateur.
Nous récolterons par la suite une autre rangée, voisine de celles de Philippe Brandt, dont j’ai pu apprécier les vins à plusieurs reprises récemment.

Le repas du midi fut assez convivial, quoi qu’un peu lourd avant de reprendre les vendanges l’après-midi. Nous avons ensuite pu apporter les raisins récoltés à la coopérative. Cette dernière, après avoir vérifié la qualité, va peser les quantités. Les botiches seront ensuite mécaniquement vidées et nettoyées. Le raisin sera ensuite pressé.
Pour voir les photos de cette « mécanique », elles sont visibles sur la page Facebook Un Strasbourgeois dans les Vignes.

S’en suivra un grand dîner le soir avec toute l’équipe ! Ces premières vendanges ne seront donc pas mes dernières, surtout que je suis repartie avec quelques grappes en souvenir. C’était également intéressant de voir cette partie du travail au milieu des rangées, et de reconnecter le vin avec ses raisins. Une expérience qui devrait donc être faite par le plus grand nombre, car le vin n’est (ou ne devrait être) en grande partie que du jus de raisin fermenté !

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