Le nez dans le Jura !

Le Jura, cette petite région viticole (par la taille, pas par la qualité !) que je ne connais que très peu.

Pourquoi aller dans le Jura ?

Trois raisons font que j’y suis passé un week-end :

  • L’écrasante majorité de photos sur Instagram avec les mêmes quilles (je suis faible je sais, mais quand on voit souvent les mêmes bouteilles, ça donne envie de goûter), des vins qui sont difficiles à trouver ici.
  • Les podcasts de « La terre à boire », qui font que j’ai également envie d’aller en Corse maintenant. Le témoignage de quelques bons vignerons donne toujours envie d’aller sur place.
  • L’élément déclencheur, le déclic : un salon des vins bios en Jura, où il sera possible de déguster et découvrir de très nombreux vignerons, et des bons tant qu’à faire !

C’est donc parti pour un week-end dans le Jura !

La veille du salon

Arbois

Tant qu’à être sur place, on se rend à Arbois et Pupillin, deux villages que l’on retrouve sur beaucoup d’étiquettes. Je me dis que ce doit sans doute être des villages viticoles, tels qu’on les connaît en Alsace ! En tout cas, le beau soleil rend Arbois magnifique.

On arrive donc la veille du salon suffisamment en avance pour se balader et déguster un peu de vins. On ouvrira le bal avec un vin Jaune, puis un Savagnin – les deux stars du coin – dans un petit restaurant du village.

J’ai souhaité ce premier jour goûter les vins les plus « simples » et « typiques » possibles, ce qui me semble être un bon indicateur de ce que la région a comme image. Je garderais les vins bios/natures pour le lendemain, afin de déguster du très bon.

Truite, sauce au vin jaune, comté, puis l’aventure nous mènera au Musée de la Vigne et du Vin de Jura.

Musée de la Vigne et du Vin de Jura

Le Musée est un peu petit, nous serons d’ailleurs les seuls à l’intérieur par ce beau temps. Mais c’est plutôt pas mal pour (re)voir les bases du vin jurassien : les spécificités du vin Jaune, du vin de Paille, un petit historique de la région (comme la grève des impôts), des fêtes traditionnelles, et les cépages présents.

On présente ces derniers comme offrant une belle diversité, même si au nombre de 5, ils sont quand même moins nombreux que les alsaciens 😉

On retrouvera donc du Poulsard, du Trousseau et du Pinot Noir pour les rouges. Du Savagnin et du Chardonney pour les blancs. C’est toujours bon de le savoir.

Lexique rapide sur le Jura pour débutants

Ouillage

ouillé

Ouillé, non-ouillé, mais qu’est-ce donc que ce terme ?

Lors de l’élevage d’un vin (ou d’un spiritueux d’ailleurs aussi) en barrique, une partie du liquide s’évapore. C’est ce qu’on appelle la “part des anges”. Cela fait entrer de l’air à la place, ce qui peut oxyder le vin.

Pour éviter cela, on peut remplir la barrique au fur et à mesure de vin, cela s’appelle “ouiller”.

Ainsi, les vins “non-ouillés” sont les vins qu’on a laissés volontairement au contact de l’air, donc de l’oxygène.

Vin jaune

Avec ses odeurs d’épices et oxydatifs, le vin Jaune est vraiment un vin particulier !

Il s’agit d’un vin élevé “sous voile”, uniquement avec le cépage Savagnin. La part des anges s’envolant, le jus de raisins fermenté se retrouve en contact avec de l’air. Les levures vont alors monter en surface et créer ce fameux voile, qui va protéger le vin d’une oxydation complète.

L’élevage dans ces conditions doit se faire pendant au moins 6 ans et 3 mois, sinon on parlera de Savagnin non-ouillé, et non pas de vin Jaune. Ce dernier est embouteillé dans un clavelin, qui est une bouteille de 62,5cl. Il s’agirait plus ou moins de la quantité de vin restante dans le fut lorsqu’on y mettra un Litre. Les anges s’occuperaient donc d’un peu plus d’un tiers du jus de raisin fermenté.

 

Vin de paille

Goûté le soir à Arbois, très épicé et liquoreux. Me fait un peu pensé à un nussschnaps alsacien, ce schnaps au goût d’épices.

Il s’agit de raisin que l’on laisse sécher après les vendanges, traditionnellement sur un lit de paille – d’où le nom -. Le jus qui en sera tiré sera donc plus chargé en sucre et en arômes, avec un rendement beaucoup plus faible.

Macvin

Dans les deux restaurants faits ce jour-là, on nous a proposé l’Apéritif maison à base Crémant et de Macvin. Un peu méfiant de peur de me retrouver avec un kir pétillant – et aussi à cause de l’envie de prendre un vin jaune -, je n’en ai pas pris le midi, contrairement à ma femme. En fait c’était plutôt intéressant.

Le macvin, c’est un vin de liqueur. On va ajouter du marc de raisin du Jura (donc de la liqueur) au jus de raisin avant sa fermentation. Il y aura 1L d’eau-de-vie pour 2L de jus de raisin, ce qui fera un vin final autour de 17 degrés.

Balade rapide à Pupillin, puis il est temps de récupérer la chambre, avant de se faire une petite fondue, Crémant au Macvin, Savagnin puis Vin de paille, histoire de faire un tour rapide de spécialités viticoles jurassiennes.

Le nez dans le vert

Après une journée de découverte de vins “typiques” et “classiques”, il était temps de passer aux choses sérieuses. Et le contrat a été amplement rempli !

J’ai eu un peu l’impression de revivre la “Summer fascht“, à savoir de (re)découvrir une région viticole, à travers son caractère et ses diversités.

Une belle ambiance conviviale à ce salon, qui se déroulait sous un “chapiteau de cirque” dans la Cour du château de Gevingey. En effet, les vignerons étaient là pour faire découvrir leurs vins et leurs régions, pour partager et faire goûter. La plupart n’avaient même rien à vendre ce jour-là !

Et c’est ça ce qui est bien dans un salon, c’est de pouvoir découvrir bon nombre de choses différentes, sans sentir la pression pour vous faire acheter. C’est superbe pour appréhender une nouvelle région viticole, des cépages peu connus, et les différentes façons de faire du vin jurassien. Pour faire le tour, ce salon était parfait, même s’il était très difficile voir impossible de tout goûter en une seule journée.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Choisir un cadeau dans le monde du vin

Pour un débutant du Jura, j’ai particulièrement apprécié les vins non-ouillés, car forcément ce sont ceux qui s’éloignent le plus de ceux qu’on à l’habitude de boire. Néanmoins, il y a également d’excellents Chardonnay, et les rouges sont également très intéressants (un peu moins les Pinots Noirs mais c’est un avis personnel et uniquement sur quelques vignerons). Le trousseau notamment, j’espère y revenir très bientôt pour en reprendre.

Le nez dans le vert

Photo partagée sur Instagram : lien vers mon compte

Ci-dessus donc les bouteilles (et les vignerons au sens large), que j’ai trouvées vraiment intéressantes, avec certains incontournables et d’autres très belles découvertes. J’en parlerai certainement davantage prochainement, car je compte y retourner au mois d’avril, revoir quelques vignerons rencontrés ici, mais un peu plus posément, un peu plus en profondeur.

Vous aurez bien entendu des nouvelles sur ce blog 😉

3 commentaires

  1. Bonsoir Adrien
    Pour commencer, l’affiche de ce salon est très originale et humoristique. La découverte des régions viticoles a l’air d’être un travail harassant, je te plains. L’Alsace et le jura étant très proches, y a t-il des point communs entre les productions ?
    Merci pour ton article

  2. Bonjour Didier !

    Si l’affiche t’intéresse, tu trouvera d’autres illustrations de Bauer sur le vin ici : http://lenezdanslevert.com/galerie/. Sinon je te conseille aussi l’excellente BD de Michel Tolmer alias Glougueule.

    Pour le “travail harassant”, franchement, si je pouvais faire ça toute ma vie, ça m’irait parfaitement 😀

    Sinon, pour l’Alsace et le Jura, il y a sans doute plus de différences que de points communs :
    – Le Jura n’étant pas “protégé” par les Vosges, il y pleut deux fois plus qu’en Alsace.
    – Les cépages sont complètement différents (à part le Pinot Noir, mais qui me semble rarement embouteillé seul dans le Jura).
    – Les techniques de vinifications, principalement le non-ouillage, qui donne cette belle particularité aux vins du Jura.
    – Même au niveau foncier, il était encore relativement accessibles d’avoir des vignes dans le Jura, alors qu’en Alsace c’était beaucoup plus compliqué.

    Finalement, même si ces régions sont proches, et les deux considérées comme petites (le Jura est néanmoins 10 fois plus petit en surfaces viticoles que l’Alsace), il y a de très nombreuses différences entre ces deux régions. A la limite on pourrait parler d’un engouement pour les vins “natures”, et une volonté parfois de sortir de la typicité, qui rassemble l’Alsace et le Jura.

    Merci pour ton intérêt 😉

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